[Découverte] Les osmies, ces abeilles qui préfèrent vivre seules

J’ai beau avoir un faux air de bourdon, je suis bien une abeille : on m’appelle l’osmie. Ne suis-je pas adorable avec mon look de peluche ? Des osmies comme moi, il en existe plusieurs dizaines d’espèces en France, dont deux sont particulièrement communes, l’osmie rousse (Osmia rufa) et l’osmie cornue (Osmia cornuta) et c’est d’elles dont on parlera ici.

Je suis un peu la baba cool des abeilles : je ne pique pas, ou alors exclusivement si ma vie est menacée. D’ailleurs, mes mâles n’ont pas de dard du tout. Calme et peu farouche, je me laisse facilement admirer. Ça tombe bien puisque mon comportement, très différent de celui des abeilles que l’on élève pour le miel, est passionnant à observer !

Je suis en effet une abeille solitaire. Chez moi, pas de ruche, pas de reine ni d’ouvrières (c’est mon côté anarchiste). Je me débrouille toute seule avec ma progéniture, je récolte leur nourriture et je construis leur abri moi-même. C’est de cette dernière habitude que me vient mon surnom d’abeille maçonne. Dans une cavité (un trou dans un mur, une tige creuse…) je construis une petite loge en terre. A l’intérieur de cette loge, j’accumule du nectar et du pollen que j’ai récoltés sur les fleurs des alentours. Je ponds un œuf puis je referme la loge avec de la terre. Et je passe à la construction d’une deuxième loge, directement sur la première si j’ai encore la place.

Osmie et loge

Une osmie en train de fermer une loge avec de la terre. Licence Creative Commons, par Max Westby

Quand mes œufs éclosent, la larve qui en sort dévore la nourriture que je lui ai laissée (souvenez-vous, le nectar et le pollen), puis elle grandit, grossit et finit par se tisser un cocon de soie dans lequel elle va à son tour se transformer en osmie. Ces jeunes osmies resteront au chaud dans leur cocon jusqu’au printemps suivant où elles prendront à leur tour leur envol.

Mais j’ai un petit souci. En effet, mes abris naturels, les tas de bois, les trous dans les murs en pierre, bref, mes cachettes préférées, sont de plus en plus rares. Alors si vous m’installez un nichoir à ma mesure, sur votre balcon ou dans votre jardin, je serais la plus heureuse des osmies ! Rien de bien compliqué : un petit fagot de bambou fera parfaitement l’affaire (à condition que chaque tige soit fermée à une extrémité). Exposez-le au sud ou à l’est au printemps et vous ne devriez pas tarder à me voir apparaître. Je vous récompenserai en vous laissant observer la manière dont je construis l’abri de ma progéniture et, bien sûr, en pollinisant vos fleurs et vos arbres fruitiers.

Tu veux apprendre à fabriquer un nichoir pour les osmies ? C’est par ici !

Une question sur les osmies ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons par Juergen Mangelsdorf

One Comment

  1. Pingback : [Atelier] Fabrique un nichoir à osmies | HONUA

Un commentaire, une question ?