Découverte de la nature

[Découverte] A la découverte des lichens

Les lichens, tu n’en entends probablement pas souvent parler… et pourtant, il y a de grandes chances pour que tu en croises tous les jours. Que tu habites en ville ou à la campagne, ils sont partout et il n’y a pas de saison pour les observer, les lichens sont visibles toute l’année. En fait, ils font tellement partie du décor qu’on les en oublierait presque!

En voici quelques spécimens photographiés sur des supports et dans des milieux très variés, les as-tu déjà croisés ?

Quel est leur secret pour vivre et grandir dans de tels endroits ?

Un lichen c’est en fait deux (et même parfois trois !) organismes qui vivent ensemble : un champignon et une algue verte et/ou une cyanobactérie. On dit qu’ils vivent en symbiose : chacun profite des atouts de l’autre et la plupart des champignons qui forment les lichens ne pourraient pas vivre sans leur partenaire algue ou cyanobactérie !

Coupe transversale d’un lichen observé au microscope électronique à balayage. On remarque un dense réseau de filaments de champigon (en jaune-orangé) et les cellules d’algues (en vert). © Yannick Agnan - Tous droits réservés.
Coupe transversale d’un lichen observé au microscope électronique à balayage. On remarque un dense réseau de filaments de champigon (en jaune-orangé) et les cellules d’algues (en vert). © Yannick Agnan – Tous droits réservés.

L’algue et la cyanobactérie sont capables, comme les plantes, d’utiliser la lumière du soleil pour fabriquer des sucres à partir du CO2 (dioxyde de carbone) de l’air. Et elles vont partager ces sucres avec leur partenaire champignon. Le champignon quant à lui est particulièrement efficace pour capter et conserver l’eau, l’humidité et les nutriments de l’air et de la pluie. Il fournit un abri à son partenaire algue ou cyanobactérie et partage ces nutriments. Cette association permet donc au lichen de s’installer, vivre et grandir avec pour seuls besoins : de la lumière, de l’air, de l’eau (pluie, brouillard,…) et un support sur lequel se fixer !

Mais les lichens grandissent très lentement… certains de plusieurs millimètres par an, d’autres tellement lentement que leur croissance est imperceptible ! Aussi, les lichens que tu vas observer seront pour la plupart bien plus vieux que toi ! On pense même que certains lichens, notamment parmi ceux qui poussent sur les roches, peuvent dépasser les 1000 ans d’existence…

Trucs et astuces pour partir à la découverte des lichens :

Pour découvrir la diversité des lichens tu n’as besoin que de tes yeux et de ton sens de l’observation. Éventuellement, si tu en as une, emportes ta loupe pour les observer d’encore plus près !

Recherche-les sur les troncs d’arbres, les petites branches tombées au sol, les rochers, les vieux murs et trottoirs, les souches d’arbres ou les talus…

Tu pourras observer des lichens avec des couleurs très variées : du jaune vif au noir, en passant par le orange, le vert, le marron, le gris…

Amuses-toi à retrouver de quel type de lichen il s’agit en fonction de leur forme. Il existe 3 principaux types de lichens:

  • Les lichens « crustacés » sont incrustés sur leur support, impossible de les détacher à moins de casser un bout de roche ou d’écorce!
Lichen crustacé gris clair sur un rocher. Tous droits réservés, Marion pour Honua
Lichen crustacé gris clair sur un rocher. Tous droits réservés, Marion pour Honua
  • Les lichens « fruticuleux » ressemblent un peu à de petits buissons.
Lichen fruticuleux vert pâle sur un tronc (attention, en vert foncé, il s’agit d’une mousse et non d’un lichen!). Tous droits réservés, Marion pour Honua
  • Les lichens « foliacés » forment des lobes qui ressemblent un peu à de petites feuilles.
Lichen foliacé gris sur un rocher (attention, en vert, il s'agit d'une mousse et non d'un lichen!). Tous droits réservés, Marion pour Honua
Lichen foliacé gris sur un rocher (attention, en vert, il s’agit d’une mousse et non d’un lichen!). Tous droits réservés, Marion pour Honua

Repère leurs petites particularités: certains ont des cils, d’autres portent des sortes de petites verrues ou ce qui ressemble à de petites assiettes (on parle d’apothécies) parfois d’une couleur différente de celle du reste du lichen, ou encore, d’autres sont tachetés, veinés… Ce sont autant d’indices qui permettent de les différencier les uns des autres !

Maintenant que tu les connais un peu mieux, à toi de jouer : ouvre l’œil lors de tes prochaines sorties !

Mésange charbonnière. Licence Creative Commons, Frank Vassen
Découverte de la nature

[Découverte] Reconnaître les oiseaux du jardin et des balcons

Ouvre grand les yeux, dans ton jardin et sur ton balcon. Si tu ne fais pas trop de bruit et que tu t’armes de patience, tu finiras par les apercevoir. Mais qui donc ? Les oiseaux du jardin ! Tu as sûrement déjà pu remarquer qu’ils ne se ressemblent pas tous. Grâce à cet article, tu vas apprendre à mieux les connaître et découvrir leurs noms.

Moineau domestique mâle
Moineau domestique mâle. Licence Creative Commons, MarcProudfoot

 

Tu m’as sûrement déjà aperçu 100 fois, dans la rue ou ailleurs, en train de ramasser les miettes de ton repas : je suis le moineau domestique ! On m’appelle « domestique » parce que j’aime bien vivre près de l’homme.

 

Moineau domestique femelle. Licence Creative Commons, Steven Severinghaus
Moineau domestique femelle. Licence Creative Commons, Steven Severinghaus

Tu as déjà dû remarquer que j’avais parfois le ventre marron clair avec un sourcil pâle et le dos rayé, et parfois plutôt avec le ventre gris, le dessus de la tête marron foncé et le bec et le visage comme si je l’avais trempé dans de la peinture noire ? Si oui, bravo, tu sais faire la différence entre des femelles moineau (marron clair) et des mâles moineau (avec le bec noir) !

 

Un pigeon biset. Licence Creative Commons, Giuss95
Un pigeon biset. Licence Creative Commons, Giuss95

Moi aussi, tu me connais sûrement très bien aussi : je suis le pigeon biset. Bien plus gros qu’un moineau, j’aime comme lui vivre au contact de l’homme, par exemple dans les villes, où on me croise très souvent. J’étais autrefois un oiseau sauvage comme les autres et je vivais à proximité des falaises mais l’homme m’a domestiqué pour que je porte ses messages et j’ai pris l’habitude de vivre à son contact

 

Tourterelle turque, Licence Creative Commons, Mark Kilner
Tourterelle turque, Licence Creative Commons, Mark Kilner

Je ressemble au pigeon, par la taille et par la forme, mais je n’en suis pas un ! On m’appelle la tourterelle turque. J’ai une histoire un peu particulière : comme mon nom l’indique, je ne suis pas vraiment d’ici. Je suis arrivée en France depuis la Turquie dans les années 50 et je m’y suis tellement plu que j’y suis restée et que je me suis répandue partout.

 

Étourneau sansonnet. Licence Creative Commons, Pierre Selim
Étourneau sansonnet. Licence Creative Commons, Pierre Selim

 

A mon tour de me présenter, je suis l’étourneau sansonnet. Ma frimousse ne te dit rien ? Pourtant, je suis sûr que tu m’as déjà vu ! J’aime vivre en ville et surtout, j’adore me regrouper en grandes bandes de plusieurs milliers d’oiseaux. Peut-être que si je me présentais plutôt comme cela, tu te souviendrais mieux de moi ?

 

Merle noir mâle. Tous droits réservés, Juliane pour Honua
Merle noir mâle. Tous droits réservés, Juliane pour Honua

 

Je suis tout de noir vêtu et j’ai le bec jaune vif, je suis le merle noir. Facile à reconnaître, n’est-ce-pas ? Peut-être pas tant que ça, parce que cette description ne me correspond que si je suis un mâle. Si je suis une femelle, je suis toute marron, et beaucoup plus discrète !

 

Rouge-gorge. Licence Creative Commons, Tony Cox
Rouge-gorge. Licence Creative Commons, Tony Cox

Si jamais tu oublies un jour mon nom, il te suffira de me jeter un coup d’œil pour qu’il te revienne : je suis le rouge-gorge familier. Chez moi, les mâles et les femelles sont presque identiques. On me surnomme souvent l’ami du jardinier, en effet, j’aime beaucoup les vers de terre et les insectes dérangés lorsqu’on retourne la terre et, si tu jardines, je te suivrai sûrement de près !

 

Mésange charbonnière. Licence Creative Commons, Frank Vassen
Mésange charbonnière. Licence Creative Commons, Frank Vassen

Moi aussi je suis l’amie du jardinier mais, plus farouche et plus discrète qu’un rouge-gorge, mon coup de main aux plantes passe souvent inaperçu : je suis la mésange charbonnière. En été, je mange quantité d’insectes qui aiment grignoter la végétation. En hiver, tu me verras souvent au poste de nourrissage me régaler des graines que tu m’y proposes. Pour reconnaître mon mâle de ma femelle, il va te falloir observer la bande noire qui me traverse la poitrine : elle est large chez les mâles et beaucoup plus fine chez les femelles.

Mésange bleue. Licence Creative Commons, gynti_46
Mésange bleue. Licence Creative Commons, gynti_46

 

Je suis aussi une mésange mais je suis nettement plus petite et je n’ai pas de noir sur la tête, je suis la mésange bleue. Je suis l’acrobate du jardin et tu me verras souvent suspendue la tête en bas pour atteindre une graine particulièrement succulente.

 

Pinson des arbres. Licence Creative Commons, Col Frankland
Pinson des arbres. Licence Creative Commons, Col Frankland

Moi c’est le pinson des arbres. On me reconnaît facilement avec ma couleur rouge brique, mon casque bleu ardoise et mes barres blanches sur les ailes. Ma femelle me ressemble beaucoup, si ce n’est qu’elle est bien plus terne, comme si ses couleurs avaient déteint. Peut-être que mon apparence ne te dit rien mais je suis sûr que tu m’as déjà entendu chanter. Tu ne me crois pas ? Alors écoute :

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Corneille noire. Licence Creative Commons, Mark Robinson
Corneille noire. Licence Creative Commons, Mark Robinson

Non, non et non, je le répète, je ne suis pas un corbeau, je suis la corneille noire. Mes cousins les grands corbeaux n’aiment pas trop vivre près des hommes alors si tu vois un grand oiseau noir près d’une maison ou en ville, c’est sûrement moi ! Mon costume tout noir m’a donné une réputation d’oiseau de mauvais augure vraiment injustifiée, d’autant plus que je suis un oiseau très intelligent et plutôt sympathique ! Regarde-moi donc résoudre ce puzzle en huit étapes les doigts dans le nez :

Pie bavarde. Licence Creative Commons, Hans-Jörg Hellwig
Pie bavarde. Licence Creative Commons, Hans-Jörg Hellwig

 

Impossible de me confondre avec qui que ce soit, je porte toujours un smoking noir et blanc impeccable : je suis la pie bavarde. J’ai la mauvaise réputation d’être une voleuse et j’avoue, j’ai du mal à résister à tout ce qui brille !

 

Tous ces oiseaux des jardins et balcons doivent trouver de quoi manger dehors toute l’année et, en hiver, cela peut devenir très compliqué. Si tu souhaites leur donner un petit coup de pouce pour passer la saison froide, tu peux consulter cet article qui t’apprendra comment leur fabriquer un poste de nourrissage !

Tu as des questions sur les oiseaux du jardin et des balcons ? Tu as vu un oiseau qui n’apparaît pas ici et tu aimerais savoir ce que c’était ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire et nous te répondrons !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons, Frank Vassen

 

Mangeoire et oiseaux
Ateliers

[Atelier] Fabrique un poste de nourrissage pour les oiseaux

L’hiver approche et les premières gelées sont là ! Tu mets des vêtements plus chauds et tu restes plus souvent à l’intérieur, à l’abri du froid, mais comment font les oiseaux qui vivent dehors toute l’année ? Pour passer l’hiver, ils cherchent de la nourriture riche en graisses, qui les aide à produire l’énergie dont ils ont besoin pour lutter contre le froid. Et, si tu veux, tu peux les aider en créant un poste de nourrissage. Tu peux acheter des mangeoires ou des boules de graisse à suspendre toutes faites, mais tu peux aussi les fabriquer, c’est beaucoup plus amusant ! N’oublie pas de demander l’aide d’un adulte avant de commencer.

 

Les boules de graisse

Pour fabriquer tes boules de graisse, il te faut :

Des pots de yaourt vides – Des allumettes ou de petits morceaux de bois – Des morceaux de ficelle – Des graines pour oiseaux – De la graisse végétale (margarine, végétaline…)

Mésange bleue sur une boule de graisse
Mésange bleue sur une boule de graisse. Licence Creative Commons, Sylvain H (modifié)

1. Dans chacun de tes pots de yaourt, pose un morceau de bois ou une allumette attachés à une ficelle qui dépasse du pot

2. Fais chauffer dans une casserole de la graisse végétale jusqu’à ce qu’elle fonde

3. Retire la casserole du feu et ajoute-y les graines, mélange bien

4. Verse avec précaution le mélange dans les pots de yaourt et laisse refroidir jusqu’à ce que la graisse se solidifie

5. Démoule les boules de graisse des pots de yaourt (si tu n’y arrives pas, passe le pot sous l’eau chaude quelques minutes avant de réessayer) et suspends-les au balcon ou à une branche !

Si les boules de graisse s’abiment trop vite quand tu les suspends, tu peux les entourer d’un morceau de filet à oranges et les suspendre par le filet

 

La mangeoire orange

Pour fabriquer cette mangeoire, il te faut :

Une grosse orange – Des graines pour oiseaux – Deux morceaux de ficelle – Un cure-dents

Une mangeoire orange
Une mangeoire orange. Illustration par Juliane, association Honua

1. Coupe l’orange en deux moitiés égales

2. Enlève la pulpe de l’orange, avec une cuillère par exemple, en faisant bien attention de ne pas déchirer la peau. Tu peux garder la pulpe pour ton goûter !

3. Avec le cure-dents, fais quatre trous de part et d’autre de la peau d’une demie orange

4. Passe les deux ficelles dans les trous

5. Remplis l’orange de graines ou du mélange à boules de graisses, et suspends-la au balcon ou à une branche !

 

La mangeoire pomme de pin

Pour fabriquer cette mangeoire, il te faut :

Une grosse pomme de pin – Du beurre de cacahuète – Des graines pour oiseaux – Un morceau de ficelle

Mangeoire pomme de pin
Une mangeoire pomme de pin. Licence Creative Commons, Nine Minutes

1. Attache solidement la ficelle à la pomme de pin

2. Recouvre la pomme de pin de beurre de cacahuète

3. Roule la pomme de pin dans les graines

4. Suspends la pomme de pin au balcon ou à une branche !

Si tu n’as pas de beurre de cacahuète, tu peux tremper la pomme de pin dans le mélange pour boules de graisses et laisser refroidir avant de la suspendre.

 

Conseils pour ton poste de nourrissage

Plus la nourriture sur le poste de nourrissage sera variée et plus il y aura d’espèces d’oiseaux qui viendront y manger.  En plus de la graisse et des graines, tu peux aussi mettre des miettes de pain, des pommes, des raisins secs, des cacahuètes non salées…

Les oiseaux ont aussi besoin de boire et, s’il gèle, ils peuvent avoir du mal à trouver de l’eau. Fournis leur des coupelles avec de l’eau propre que tu changeras souvent.

Attention aux chats ! S’il y en a dans ton jardin, suspends bien la nourriture hors de leur portée. Si ton chat sort pendant l’hiver, mets lui un collier avec une clochette, les oiseaux l’entendront arriver et ne se feront pas attraper.

N’oublie pas qu’en hiver, les oiseaux économisent leur énergie au maximum alors, si tu veux nous observer, fais-le derrière une fenêtre, bien caché, pour ne pas nous faire peur et nous faire dépenser notre précieuse énergie.

 

Tu veux apprendre à reconnaître les oiseaux des jardins et des balcons ? Consulte vite cet article ! Tu as des questions sur ton poste de nourrissage ou tu veux nous montrer des photos ? N’hésite pas, écris nous un commentaire et nous te répondrons !

Actualités

Lancement officiel du site web

Bonjour à tous ! Aujourd’hui est un grand jour puisque c’est celui du lancement officiel du site web d’Honua ! Ici, vous trouverez des articles pour faire découvrir la nature aux enfants et aux plus grands, ainsi que des idées d’actions à réaliser chez soi ou en classe pour préserver localement la biodiversité.

Vous êtes un parent, un enseignant ou un grand enfant ? N’hésitez pas à vous abonner à ce site ou à nous suivre sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) pour être mis au courant de la publication de nos nouveaux articles !

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Bonne navigation sur notre site,

L’équipe de Honua

Découverte de la nature

[Découverte] Les pucerons, les vampires du monde végétal

Tu as peut-être déjà entendu tes parents ou tes grands parents pester contre les pucerons qui avaient attaqué leurs rosiers, leur potager ou les plantes sur le balcon. Mais c’est quoi un puceron ?

Pucerons sur une plante
Des pucerons en train de se nourrir sur une plante. Les plus gros sont certainement des femelles parthénogénétiques et les plus petits les clones qu’elles ont produit et qui doivent encore grandir un peu. Image sous licence Creative Commons, Andreas Kay

Les pucerons sont de tous petits insectes qui vivent sur les plantes. Il en existe de quasiment toutes les couleurs (vert, jaune, orange, rose, noir…) et, selon les espèces, ils ne vivent pas sur les mêmes plantes. Il existe par exemple un puceron du pois, qui n’est pas le même que celui qui vit sur les rosiers, lui-même différent de celui qui vit sur le blé, et ainsi de suite. La plupart des pucerons n’ont pas d’ailes mais certains peuvent voler et parcourir de grandes distances pour trouver leur plante préférée.

Certains pucerons ont une manière très particulière de se reproduire. La majorité des pucerons que tu observes sur les plantes sont en fait des femelles, mais pas n’importe lesquelles. Ces femelles parthénogénétiques, comme le disent les scientifiques, sont capables de produire d’autres femelles qui leur sont complètement identiques : ce sont des clones. Et elles n’ont pas besoin de mâles pour cela, une femelle parthénogénétique peut toute seule produire des centaines de clones en quelques semaines. Tu comprends mieux maintenant pourquoi les plantes sont si vite envahies de pucerons !

Lorsqu’une nouvelle femelle parthénogénétique, un bébé clone, nait, il ne sort pas d’un œuf, il naît directement en tant que puceron miniature, qui va grandir et grossir. Mais ces petits pucerons sont très fragiles, alors l’hiver venu, certaines femelles arrêtent de produire des clones. Elles se mettent à produire plutôt des mâles et des femelles, qui vont eux se reproduire d’une manière plus classique pour des insectes : les mâles et les femelles vont s’accoupler, puis la femelle va pondre des œufs. Ces œufs, beaucoup plus solides qu’un petit puceron, vont survivre tout l’hiver et éclore au printemps. Et le cycle recommencera.

Mais pourquoi les pucerons attaquent-ils nos plantes ? Ces petits insectes sont les vampires des plantes : leur bouche est modifiée en une espèce de paille avec laquelle ils aspirent la sève (le liquide qui circule dans les tiges et les feuilles des plantes, comme le sang dans nos veines). C’est de la sève dont les pucerons se nourrissent, mais sans sève, les plantes se dessèchent et peuvent finir par mourir. Alors si les plantes de ton jardin ou de ton balcon sont pleines de pucerons, tu peux essayer de les sauver sans utiliser des produits chimiques, par exemple en construisant un nichoir à perce-oreilles.

Une question sur les pucerons ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons, Drriss & Marrionn
Osmie et loge
Ateliers

[Atelier] Fabrique un nichoir à osmies

Sais-tu comment une fleur se transforme en fruit ? Le plus souvent, c’est grâce à un animal, un pollinisateur, qui transporte le pollen d’une fleur à l’autre. La fleur qui reçoit du pollen est fécondée et se transforme en fruit.

Beaucoup d’animaux sont des pollinisateurs. Ceux que tu connais le mieux, ce sont sûrement les abeilles qui produisent le miel, les papillons et les bourdons. Mais il en existe plein d’autres, comme par exemples les osmies (tu peux en apprendre plus sur les osmies dans cet article).

Les osmies sont des abeilles solitaires, elles ne font pas de miel et n’ont pas de reine. Chaque femelle s’occupe de ses petits uniquement. Par contre, elles ont besoin de trous, dans un mur ou dans un arbre, pour y construire l’abri où ses petits grandissent. Et dans nos villes et nos jardins, il y a de moins en moins d’arbres morts ou de murs plein de trous. Que peut-on faire pour aider les osmies, prêtes à nous polliniser gratuitement nos plants de tomates et nos pieds de fraisiers ? Et si on leur construisait un nichoir dans lequel elles pourront élever leurs petits ?

Pour cela il te faut :

Des morceaux d’environ 10cm de roseau ou de bambou, fermés d’un côté – Un morceau de raphia ou de ficelle

Tu as tout le matériel ? C’est parti pour la fabrication !

  1. Rassemble tes morceaux de bambou et regroupe toutes les extrémités ouvertes du même côté
  2. Utilise la ficelle ou le raphia pour attacher les morceaux de bambou bien serrés entre eux
  3. Accroche le fagot sur ton balcon ou dans ton jardin, exposé au sud ou à l’est

Nichoir à osmies

Avec un peu de chance, au printemps, tu pourras observer les osmies en train d’y construire des loges pour leurs petits ! Tu as des questions ? Des photos de ton nichoir ou des osmies qui s’y sont installées ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : Licence Creative Commons par Max Westby

Découverte de la nature

[Découverte] Les osmies, ces abeilles qui préfèrent vivre seules

J’ai beau avoir un faux air de bourdon, je suis bien une abeille : on m’appelle l’osmie. Ne suis-je pas adorable avec mon look de peluche ? Des osmies comme moi, il en existe plusieurs dizaines d’espèces en France, dont deux sont particulièrement communes, l’osmie rousse (Osmia rufa) et l’osmie cornue (Osmia cornuta) et c’est d’elles dont on parlera ici.

Je suis un peu la baba cool des abeilles : je ne pique pas, ou alors exclusivement si ma vie est menacée. D’ailleurs, mes mâles n’ont pas de dard du tout. Calme et peu farouche, je me laisse facilement admirer. Ça tombe bien puisque mon comportement, très différent de celui des abeilles que l’on élève pour le miel, est passionnant à observer !

Je suis en effet une abeille solitaire. Chez moi, pas de ruche, pas de reine ni d’ouvrières (c’est mon côté anarchiste). Je me débrouille toute seule avec ma progéniture, je récolte leur nourriture et je construis leur abri moi-même. C’est de cette dernière habitude que me vient mon surnom d’abeille maçonne. Dans une cavité (un trou dans un mur, une tige creuse…) je construis une petite loge en terre. A l’intérieur de cette loge, j’accumule du nectar et du pollen que j’ai récoltés sur les fleurs des alentours. Je ponds un œuf puis je referme la loge avec de la terre. Et je passe à la construction d’une deuxième loge, directement sur la première si j’ai encore la place.

Osmie et loge
Une osmie en train de fermer une loge avec de la terre. Licence Creative Commons, par Max Westby

Quand mes œufs éclosent, la larve qui en sort dévore la nourriture que je lui ai laissée (souvenez-vous, le nectar et le pollen), puis elle grandit, grossit et finit par se tisser un cocon de soie dans lequel elle va à son tour se transformer en osmie. Ces jeunes osmies resteront au chaud dans leur cocon jusqu’au printemps suivant où elles prendront à leur tour leur envol.

Mais j’ai un petit souci. En effet, mes abris naturels, les tas de bois, les trous dans les murs en pierre, bref, mes cachettes préférées, sont de plus en plus rares. Alors si vous m’installez un nichoir à ma mesure, sur votre balcon ou dans votre jardin, je serais la plus heureuse des osmies ! Rien de bien compliqué : un petit fagot de bambou fera parfaitement l’affaire (à condition que chaque tige soit fermée à une extrémité). Exposez-le au sud ou à l’est au printemps et vous ne devriez pas tarder à me voir apparaître. Je vous récompenserai en vous laissant observer la manière dont je construis l’abri de ma progéniture et, bien sûr, en pollinisant vos fleurs et vos arbres fruitiers.

Tu veux apprendre à fabriquer un nichoir pour les osmies ? C’est par ici !

Une question sur les osmies ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons par Juergen Mangelsdorf
Ateliers

[Atelier] Fabrique un nichoir à perce-oreilles

Regarde bien ces deux plantes :

Deux ciboulettes dont l'une a été attaquée par des pucerons
Deux plants de ciboulette. A ton avis, lequel a été attaqué par des pucerons ?

L’une d’entre elles est nettement plus jolie que l’autre, non ? Mais alors, qu’est-il arrivé à la plante de gauche pour qu’elle paraisse si desséchée ? La réponse est simple, elle s’est faite attaquer par le vampire des plantes : un puceron. Comme tu as pu le découvrir dans l’article sur les pucerons, ces petits insectes ont, en guise de bouche, une paille avec laquelle ils aspirent la sève des plantes. Sans sève, la plante sèche et, si on ne fait rien, elle finit par mourir.

Que peux-tu faire quand une plante de ton jardin ou de ton balcon est attaquée par un puceron ? Tu peux utiliser des produits chimiques, mais ils risquent de tuer tous les insectes qui viennent sur ta plante, pas seulement les pucerons. Et certains insectes, comme les abeilles, sont très utiles ! Alors je te propose une autre solution : construire un nichoir à perce-oreilles.

Les perce-oreilles ne méritent pas du tout sa mauvaise réputation (tu peux lire l’article ici sur les perce-oreilles si tu veux tout savoir sur cet insecte). Ils ne pincent pas, ne piquent pas, et, la nuit, se promènent sur nos plantes et y mangent les pucerons ! Mais dans nos jardins ou nos balcons trop bien rangés, il leur manque souvent un endroit pour s’abriter pendant la journée. Et un perce-oreilles sans abri est une proie facile pour les oiseaux…

Alors, fabriquons lui une cabane ! Pour cela, il te faut :

Un petit pot en terre cuite – Une grosse poignée de foin – Un morceau de raphia ou de ficelle

 Tu as tout le matériel ? C’est parti pour la fabrication !

Le nichoir une fois terminé
Le nichoir une fois terminé
  1. Prends entre tes mains le foin et fais-en un boudin bien serré
  2. Pose ce boudin de foin sur ton morceau de raphia
  3. Fais un double nœud bien serré autour du foin
  4. Prends ton pot d’une main et, de l’autre, fais passer les deux bouts de raphia à travers le trou du pot, de l’intérieur vers l’extérieur
  5. Rentre le boudin de foin à l’intérieur du pot et tire sur le raphia
  6. Décore le pot selon tes goûts

Ton nichoir à perce-oreilles est prêt ! Tu peux maintenant l’accrocher à la branche d’un arbre ou à la rambarde d’un balcon avec les deux morceaux de raphia qui dépassent du pot. Il n’y a plus qu’à attendre qu’un perce-oreille en balade repère sa nouvelle cabane et décide de s’y installer pour la journée.

Tu as des questions ? Des photos de ton nichoir ou des perce-oreilles qui s’y sont installés ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Un perce-oreille
Découverte de la nature

[Découverte] Le perce-oreille, le protecteur des plantes

Six pattes, des mandibules, des antennes… Je suis donc un insecte. Mais qu’est-donc, là, au bout de mon abdomen ? Une pince, des crochets ? Vous m’avez bien vite reconnu : je suis un forficule, ou perce-oreille. En voilà un drôle de nom d’ailleurs, pourtant, mes pinces (ou plutôt mes cerques, comme le disent les scientifiques) n’ont rien du tout contre vos oreilles. Elles me servent à impressionner ou à me défendre contre les prédateurs, oiseaux, araignées ou autres insectes, qui me voudraient du mal, mais seraient bien incapables de percer la peau humaine.

Je ne suis pas seul dans la grande famille des forficules : il existe plusieurs centaines d’espèces de perce-oreille de par le monde, dont plusieurs dizaines vivent en Europe. Mais le plus fréquent dans nos jardins c’est sans conteste moi, Forficula auricularia, le perce-oreille commun.

Dessin de perce-oreilles
En haut, un mâle perce-oreille, en bas, deux femelles dont une s’occupant de ses petits.

Chez moi, les mâles et les femelles se distinguent en un coup d’œil. Regardez bien mes cerques : sont-elles recourbées vers l’intérieur ? Je suis un mâle. Sont-elles droites et parallèles ? Je suis une femelle. D’ailleurs les femelles de mon espèce sont particulièrement admirables : elles font partie des très rares insectes qui s’occupent de leurs œufs puis de leurs petits. Elles les nettoient, les abritent et les protègent contre les attaques, jusqu’à ce qu’ils quittent le nid.

Je suis un insecte nocturne : je vis et je me déplace majoritairement la nuit. Du coup, pendant la journée, j’aime me faufiler dans des endroits sombres et peu accessibles et y rester camouflé jusqu’à ce que le soleil le couche. Un pot retourné rempli de foin ? C’est parfait, je peux me glisser dans un recoin entre les tiges et le pot me protège de la lumière. Difficile pour l’oiseau qui voudrait me manger de m’y retrouver. Un abri aussi pratique devient vite très couru et peut finir par accueillir une bonne dizaine de mes congénères.

Je me nourris de plein de choses différentes : des végétaux, des fruits très murs, des restes d’insectes, et j’adore aussi manger les pucerons et les acariens. Je peux donc être un allié précieux pour le jardinier, alors installez mon nichoir là où vous avez besoin de mes services, et je protègerai vos fleurs et vos fruits.

Tu veux fabriquer un nichoir pour les perce-oreilles ? C’est par ici ! Une question sur les perce-oreilles ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : Licence Creative Commons par Chris Socrier
Actualités

[Bilan] Novela 2014

Et voilà, la Novela 2014, c’est déjà terminé. Le public est venu nombreux au Village des Sciences,où nous proposions une série d’activités autour du thème de la pollinisation : une exposition (et son questionnaire), un grand puzzle pour apprendre à relier fleur et pollinisateur, des ateliers de fabrication de fleurs, de nichoirs à osmies et à perce-oreilles, ainsi que des activités multi-sensorielles pour les tous-petits. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous avons été bien occupés ! Jugez plutôt de l’activité sur notre stand :

– plusieurs centaines de nichoirs à perce-oreilles ont été construits

– une centaine de nichoirs à osmies ont trouvé de nouveau propriétaires

– une centaine de fleurs ont été décorées

– presque 200 questionnaires sur la pollinisation ont été remplis

– 4 classes de Toulouse ont été accueillies

Un grand merci à tous ceux qui sont venus nous rendre visite sur le stand, à tous ceux que nous avons rencontrés à l’occasion, ce fut un vrai succès et nous espérons que la Novela sera de nouveau au rendez-vous l’année prochaine.

Actualités

[Evènement] Novela 2014

Nous serons présents à la Novela 2014, qui aura lieu du 4 au 19 octobre 2014 à Toulouse. Au programme, des ateliers de fabrication de nichoirs à insectes et de découverte des fleurs ainsi qu’une grande exposition sur la pollinisation ! Nous interviendrons aussi dans plusieurs classes de Toulouse pour parler de nature en ville, et nous tiendrons un stand au village des sciences sur toute la durée du festival. Retrouvez-y nous nombreux !

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[Bilan] Nuit des Chercheurs 2014

La Nuit des Chercheurs 2014 est terminée ! Elle s’est très bien déroulée pour Honua : c’était une première pour l’association mais certains de nos membres sont des vétérans de cet évènement.

A Albi, nous co-organisions et animions le Speed-Searching. C’était la première édition de la Nuit des Chercheurs à Albi et, malgré un démarrage un peu chaotique, le public était au rendez-vous et tout s’est finalement très bien déroulé ! Le résultat en images :

A Toulouse, nous organisions et animions aussi le Speed-Searching, avec un petit challenge supplémentaire : nous encadrions aussi 3 doctorants et une future doctorante, qui avaient suivi notre module de formation à la vulgarisation scientifique et dont c’était la journée de mise en application pratique. Tout s’est très bien déroulé, chercheurs et visiteurs étaient ravis !

Et vous, vous êtes vous rendus à la Nuit des Chercheurs 2014 ? Si vous avez participé au Speed-Searching, en tant que visiteur comme en tant que chercheur, n’hésitez surtout pas à nous faire part de vos commentaires !