Découverte de la nature

[Découverte] Naître ou ne pas naître : telle est la question

Maman et papa pinson sont tout excités. Leurs petits vont bientôt naître. Ils s’affairent à construire un nid pour accueillir ces naissances. Mais au fait où naissent les autres animaux ?

Tu as déjà vu des nids dans les arbres, ces drôles de construction faites de brindilles, de mousse et d’herbe. De nombreuses espèces d’oiseaux construisent un nid dans lequel maman oiseau pond. C’est là que naissent les petits oiseaux. La taille du nid est proportionnelle à la taille des oiseaux : les petits oiseaux construisent des petits nids, les grands oiseaux construisent des grands nids. Regarde ces deux exemples : le moineau domestique et la cigogne blanche. Le moineau domestique est un petit oiseau (qui ne fait que quelques centimètres). Il construit son nid dans les arbres. La cigogne blanche est un très grand oiseau (plus d’un mètre). Elle construit son nid sur les cheminées et les poteaux. Si tu habites en Alsace, en Normandie ou en Charente, tu les as sûrement déjà vues. Les nids des cigognes sont construits très, très haut. Il ne faut pas avoir le vertige.

Un nid de moineau domestique (photo : Pixnio)
Une cigogne blanche et ses petits dans leur très grand nid (photo : wikimédia commons)

Voyons ce qui se passe chez des animaux un peu plus gros.

C’est l’hiver. Maman ourse est bien installée dans sa tanière. Elle attend le printemps, mais surtout elle attend un très heureux événement. Elle va bientôt donner naissance à ses oursons. Eh oui, les oursons viennent au monde lorsqu’il fait très froid dehors. Ils naissent dans la tanière et ne peuvent pas en sortir. Pendant les premiers mois de leur vie, ils ne se nourrissent qu’avec du lait, en tétant maman ourse.
Regarde cette vidéo d’une tanière d’ours chez nos amis canadiens : https://www.youtube.com/watch?v=iKN3uzFGUeE

Les marmottes sont des animaux très rigolos qui ressemblent à des peluches. Elles vivent en montagne. Comme tous les animaux sauvages, tu peux les regarder mais ne cherche pas à les toucher ou à les caresser, car tu peux les effrayer.

Les petits de la marmotte s’appellent les marmottons. Ils naissant au printemps dans un terrier. Le terrier est un abri creusé dans la terre par les parents marmottes pour donner naissance aux petits mais aussi pour y dormir protégés du froid de l’hiver. Le terrier est un endroit très confortable et très chaud. Il y a plusieurs pièces (un peu comme dans ta maison) : une entrée principale avec un long couloir, une chambre principale tapissée de foin et de brindilles pour que toute la famille ait bien chaud, les toilettes et une issue de secours en cas d’attaque d’un prédateur. Il faut que l’endroit soit très confortable car les marmottons y passent 1 à 2 mois avant de sortir pour la première fois. Ensuite, quand l’hiver arrive, ils y passeront encore 6 mois sans sortir avec toute leur famille.

Le terrier d’une famille marmotte
© Anne-Cécile pour Honua, Vector Graphics by vecteezy.com and freepik.com, Designed by brgfx / Freepik, Designed by macrovector / Freepik

La girafe ne construit pas de nid ou d’abri pour son petit. Il vient au monde dans le milieu où elle vit, c’est-à-dire la savane. Pendant la mise bas, la maman girafe reste debout. Le girafon fait une chute de 2 m de haut.

Regarde cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Zdzfh_lXqos On y voit un petit girafon venir au monde.

Les hippocampes sont de drôles de poissons qui ressemblent à des chevaux, c’est pour cela qu’on les appelle parfois « chevaux des mers ». Les bébés hippocampes naissent directement dans l’eau. Ce n’est pas maman hippocampe qui les porte dans son ventre, mais papa hippocampe ! Il ne construit pas de nid ou de terrier mais va se placer au fond de la mer, là où il ne sera pas dérangé. Les petits hippocampes sortent de son ventre les uns après les autres et restent près de papa hippocampe pour être protégés. Malheureusement, les hippocampes sont menacés à cause de la pollution des océans. Si toi aussi, tu trouves que ce sont de très beaux animaux, n’hésite pas à les protéger et ne jette surtout pas tes déchets dans la nature.

L’été, tu aimes bien aller à la plage pour faire des châteaux de sable ou jouer dans l’eau. Sais-tu que c’est dans le sable que naissent les petits de la tortue marine.

Quand la marée est basse, les mamans tortues marines sortent de l’eau et creusent de très grands trous dans le sable avec leurs nageoires. Elles pondent ensuite leurs œufs (entre 70 et 200) dans ces grands trous et les recouvrent de sable pour les cacher des prédateurs.
Après plusieurs semaines, les œufs éclosent ; on voit apparaître de toutes petites tortues qui sortent du sable. Ces petites tortues vont alors dans l’eau pour se nourrir et grandir. Elles reviendront quelques années plus tard pour pondre à leur tour sur la plage où elles sont nées.

Cette tortue se prépare à pondre dans le sable (photo : wikimédia commons)

On dit parfois que les petits garçons naissent dans les choux et les petites filles dans les roses. Est-ce une idée totalement farfelue ? Les drosophiles sont des petites mouches que tu as pu observer s’il y avait des fruits trop mûrs à la maison. Elles aiment le sucre des fruits, ou plutôt l’alcool qui s’est formé à partir du sucre. Et leurs petits aussi. Les mamans drosophiles pondent dans les fruits. Les petits naissent donc dans des endroits assez originaux comme une nectarine, une pêche… Et toi si tu étais une drosophile, dans quel fruit voudrais-tu naître ?

Les drosophiles naissent dans les fruits (photo : Anne-Cécile Dagaeff)

Un dernier mot avant que l’on se quitte : pour aider les oiseaux dans la construction de leur nid, il est important que tu leur laisses des brindilles, des feuilles, de la mousse dans ton jardin. A l’automne, lorsque les feuilles commencent à tomber ou s’il y a quelques brindilles sur le gazon, ne les mets surtout pas à la poubelle. Fais-en un joli tas dans ton jardin. Pendant l’hiver, tu auras la surprise de voir des insectes venir s’y réfugier. Au début du printemps, tu verras que les petits oiseaux viennent piocher des éléments dans ton tas de feuilles pour construire leur nid. Peut-être observeras-tu l’un des oiseaux que nous te présentons dans notre article : http://honua.fr/decouverte-les-oiseaux-du-jardin-et-des-balcons/

Découverte de la nature

[Découverte] L’automédication ou quand les animaux jouent les docteurs

Comme toi, les animaux tombent parfois malades. Dans ce cas, comment font-ils ? Découvrons ensemble comment les animaux se soignent.

Les animaux n’ont pas la possibilité d’aller à la pharmacie pour acheter des médicaments, ni même de consulter un médecin. Du coup, ils se soignent par eux-mêmes, on parle d’automédication, et se débrouillent avec ce qu’ils trouvent dans la nature. C’est ce que faisaient nos grands-mères et nos grands-pères avant que les médicaments soient créés. As-tu déjà vu ta grand-mère boire une tisane de thym parce qu’elle avait mal à la gorge ? Ou mettre de l’eucalyptus sur son mouchoir pour soulager un vilain rhume ? Sais-tu que l’aspirine, que tes parents prennent quand ils ont mal à la tête, est extraite d’un arbre, le saule blanc ? C’est l’un des médicaments les plus consommés par les adultes. Toutes ces plantes, le thym, l’eucalyptus, le saule blanc…, sont disponibles dans la nature. Les animaux l’ont bien compris. Ils ont eux aussi plein de remèdes efficaces.

Le saule blanc, producteur d’un des médicaments les plus utilisés
(photo : wikimédia commons)

Les aliments que les singes mangent contiennent parfois des petits vers qui ne demandent qu’une chose : venir vivre dans l’estomac tout chaud des singes. Or, pour les singes, c’est une très mauvaise nouvelle, car une fois installé dans son estomac, le ver lui fait très mal. Il lui vole sa nourriture, c’est ce qu’on appelle un parasite. Pour éviter que le petit ver ne reste trop longtemps dans son estomac et qu’il développe une infection bactérienne, le chimpanzé mange des feuilles, il mâche la moelle amère de la vernonie commune (Gymnanthenmum amygdalinum) et avale les feuilles entières. Ces dernières relâchent des composés antiparasitaires et provoquent l’expulsion des parasites de leur ventre.

La vernonie commune
(photo : wikimédia commons)

Une autre plante qui fait du bien au chimpanzé est Aspilia sp. dont la fleur est jaune. Une troisième technique est de manger l’écorce de l’albizia (aussi appelé arbre à soie) qui incommode les parasites et les expulse de son organisme. Enfin, le chimpanzé consomme aussi de la terre et de l’argile pour se soigner.

Les chimpanzés savent très bien utiliser les plantes pour se soigner
(photo : wikimédia commons)

Tu connais sans doute le caractère très « précautionneux » des fourmis. Dans la fable La Cigale et la fourmi de Jean de la Fontaine, la fourmi fait des réserves pour l’hiver et anticipe aussi l’arrivée des maladies. Pour ne pas que les microbes s’installent dans sa maison (qu’on appelle une fourmilière), elle découpe des petits morceaux d’écorce de conifères (des pins, par exemple) et les fait rentrer dans sa fourmilière. Ces morceaux d’écorce libèrent des composés toxiques pour les microbes et empêchent leur développement. Les fourmis utilisent la résine antimicrobienne des conifères (elles en mettent dans leur fourmilière) pour éviter la croissance microbienne.

Comme la fourmi, l’étourneau sansonnet protège ses petits des bactéries. Il met des plantes fraîches, par exemple : la carotte sauvage, ainsi qu’une jolie plante qui s’appelle vergerette de Philadelphie (Erigeron philadelphicus), dans son nid pour ne pas que les parasites/microbes prolifèrent et contaminent ses petits.

L’étourneau sansonnet, un oiseau qui prend soin de ses petits
(photo : wikimédia commons)

La vergerette de Philadelphie
(photo : Y.O.T.O.)

Les parents papillons monarques ne construisent pas de nids, ni ne vivent pas dans des fourmilières. Ils n’ont pas d’abris fixes. Du coup, s’il y a une menace (par exemple : si eux-mêmes sont porteurs de maladies), ils ne peuvent pas protéger leurs petits en désinfectant leurs maisons. Par contre, ils ont une technique très efficace pour éviter que leurs larves tombent malades : ils pondent leurs œufs sur des feuilles d’une très belle plante appelée asclépiade qui éloigne les microbes, ce qui évite ainsi que leurs petits soient infectés.

Ce monarque se nourrit dans les fleurs de l’asclépiade
(photo : KatherineSlade)

Parfois les insectes sont attaqués par d’autres insectes. On appelle ces derniers les guêpes parasitoïdes. Elles ont l’habitude de pondre leurs œufs dans le corps d’insectes inoffensifs. Oui, oui, tu as bien lu : dans le corps des autres ! Les victimes ne se laissent pas faire, bien au contraire ! Les chenilles (Grammia incorrupta), qui deviendront de jolis papillons, mangent des feuilles qui contiennent des substances toxiques (alcaloïdes pyrrolizidines) pour se débarrasser des parasites.

Quand aux drosophiles (ces petites mouches que tu peux observer sur les fruits trop mûrs), elles boivent de l’alcool qui se trouve dans les fruits trop mûrs. Ingénieux, non ?

Enfin, nous allons terminer avec un animal que tu connais bien : le chien. Tu as peut-être déjà vu ton chien mâché de l’herbe. Il agit ainsi lorsqu’il a trop mangé ou qu’il a mal à l’estomac. Ca lui permet de ne plus avoir mal et d’être en pleine forme pour pouvoir continuer à jouer avec toi.

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[Découverte] Les phasmes, des as du camouflage

Un monde « phascinant » :

Les phasmes sont des insectes terrestres qui se nourrissent de végétaux. Leurs prédateurs sont principalement des oiseaux, de petits mammifères, des insectes (par exemple : mantes religieuses, fourmis…) et des araignées.

Il existe près de 3000 espèces de phasmes. Ils vivent dans les régions chaudes du globe, la plupart dans les régions tropicales.

Exemple de différentes espèces de phasmes, en vert : aire de répartition des phasmes; (pour les crédits des images, voir à la fin de l’article)

Le saviez-vous ?

L’île de Bornéo est un des endroits où l’on peut trouver le plus d’espèces différentes de phasmes, avec 300 recensées à ce jour. En France métropolitaine, on trouve naturellement 3 espèces de phasmes : le phasme gaulois (Clonopsis gallica), le phasme de Rossi (Bacillus rossi) et le phasme espagnol (Pijnackeria masettii)

© Ac pour Honua, rawpixel.com /Freepik.com

 

Les phasmes peuvent aussi vivre dans les montagnes : Monticomorpha flavolimbata  a été trouvé dans les Andes à 5000 m d’altitude.  

 

 

Les phasmes changent de « peau » en grandissant :

Après avoir éclos de son œuf, le jeune phasme grandit et doit se débarrasser de son exosquelette devenu trop petit : c’est la mue.

Cycle de vie d’un phasme, © Honua

Les phasmes ont des capacités spéciales :

En cas d’attaque par exemple, le phasme est capable de se séparer d’un de ses membres pour pouvoir s’échapper. La patte coupée se régénérera au cours des mues suivantes. C’est ce qu’on appelle l’autotomie.

Les femelles de nombreuses espèces de phasmes peuvent se reproduire sans mâle! C’est ce qu’on appelle la parthénogenèse (phénomène par lequel un œuf non fécondé peut donner naissance à un individu). Mais la reproduction sexuée existe aussi les phasmes.

Quelques records :

© Ac pour Honua, Asierromero /Freepik.com

 

L’insecte le plus grand trouvé à ce jour est un phasme chinois. Découvert en 2014, Phryganistria chinensis Zhao mesure 62,4 cm de long pattes dépliées (la longueur d’un bras !).

 

© Ac pour Honua, Freepik

 

Parmi les plus petits phasmes connus on trouve des mâles de l’espèce Grylloclonia minima et des femelles Miniphasma prima, dont les corps mesurent 1,75 cm.  

 

© Ac pour Honua, Freepik

 

Le phasme le plus lourd est Heteropteryx dilatata, dont les femelles, d’une quinzaine de centimètres de long, peuvent peser jusqu’à 65 g.

 

 

 

N’hésite pas à nous écrire ou à laisser un commentaire si tu as des questions sur les phasmes. A bientôt !

Crédits photographiques  :  – image de titre : Martin Lagerwey, CC BY-NC-SA 2.0
– première image :  Diapheromera femorata :© Phil Myers  
Clonopsis gallica : © Muséum national d’Histoire naturelle
Oreophoetes peruana : © Drägüs, Wikimedia Commons
Bactrododema sp. : © Hectonichus, Wikimedia Commons
Achrioptera fallax :  © Drägüs, Wikimedia Commons
Phyllium bioculatum : public domain
Megacrania batesii : © Sarefo, Wikimedia Commons
Carausius morosus : © Anagoria, Wikimedia Commons  
Extatosoma tiaratum : © Rosa Pineda 
Phryganistria tamdaoensis: © J. Bresseel and J. Constant
 
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[Découverte] L’abeille charpentière : un gros hélicoptère inoffensif

Au printemps, les arbres sont parés de leurs plus jolies fleurs. Les insectes en profitent pour venir y chercher du nectar et du pollen. Parmi ces insectes, on rencontre les abeilles (y compris l’abeille domestique, celle qui fait du si bon miel), les bourdons, les syrphes (ces drôles de petits hélicoptères qui font des vols stationnaires) et un curieux insecte très gros, aux couleurs très sombres. Cet insecte, c’est l’abeille charpentière ou xylocope violet (Xylocopa violacea (L.)). L’as-tu déjà rencontré dans ton jardin ou dans les jardins publics ? C’est une abeille toute noire aux reflets violets. Elle fait beaucoup de bruit lorsqu’elle vole. Sa taille est impressionnante : elle mesure 3 cm de la tête à la fin de l’abdomen et peut atteindre 5 cm de large lorsqu’elle déploie ses ailes.

Comme de nombreuses abeilles, l’abeille charpentière se nourrit de pollen et de nectar. En revanche, elle se différencie des autres par son comportement. En effet, elle est tellement grosse qu’elle ne peut entrer que dans très peu de fleurs. Du coup, elle est obligée de creuser les corolles des fleurs pour manger le nectar. Elle laisse donc une trace de son passage dans les fleurs : un joli trou au travers duquel elle a déployé ses mandibules pour chaparder le nectar.

Voici un petit schéma pour t'expliquer ce qu'est une corolle © Eline Susset
Voici un petit schéma pour t’expliquer ce qu’est une corolle
© Eline Susset

Sa taille peut faire craindre qu’elle est méchante, mais il n’en est rien. C’est une abeille très gentille. Elle ne viendra pas t’embêter. Tu peux la regarder travailler, mais surtout ne cherche pas à l’attraper, car elle pourrait avoir une réaction inhabituelle et te piquer. Ce serait dommage !

L'abeille charpentière en train de voler du nectar dans une fleur de lavatère © Eline Susset
L’abeille charpentière en train de voler du nectar dans une fleur de lavatère
© Eline Susset

Elle doit son nom « charpentière » à son habitat. Contrairement à l’abeille qui fait le miel, elle ne vit pas dans une ruche mais dans des galeries qu’elle creuse dans le bois. Pas le bois de ta maison ou les arbres vivants, non, mais dans les morceaux de bois très vieux en train de se décomposer. Il est très important de lui laisser des abris pour qu’elle puisse venir s’y reposer et se protéger quand il ne fait pas très beau.

Et tu peux aussi protéger ses copines les abeilles solitaires en leur fabriquant un abri. Regarde notre article : http://honua.fr/atelier-fabrique-un-nichoir-a-osmies/ tu y découvriras comment fabriquer des abris pour les abeilles solitaires et plein d’autres insectes.

N’hésite pas à nous écrire si tu observes des abeilles charpentières près de chez toi ! A bientôt.

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[Découverte] Être vu pour ne pas être mangé ?

Les animaux se cachent parfois pour ne pas être mangés, mais est-ce le cas de tous ?

Non, il y a quelques coquins. Certains animaux ont des couleurs très vives, sais-tu pourquoi ? Il s’agit d’une stratégie de défense pour échapper à leurs prédateurs. En étant très visibles, ces animaux envoient un message aux prédateurs : « Prédateurs, vous me voyez, mais attention à vous, je n’ai pas un bon goût, et si vous me croquez, vous allez être malades ! » Astucieux, non ? Cette stratégie porte le nom d’aposématisme.

Nous te proposons quelques photographies d’animaux qui ont cette stratégie. Tu verras par toi-même que ces animaux ne sont pas du tout discrets dans leur milieu naturel.

Coccinelle à 7 points Image : Maxpixel
Coccinelle à 7 points
Image : Maxpixel

Grenouille dendrobate Image : Wikimedia commons
Grenouille dendrobate
Image : Wikimedia commons

Chenille du papillon goutte-de-sang Image : Wikimedia commons
Chenille du papillon goutte-de-sang
Image : Wikimedia commons

Salamandre commune Image : Pixabay
Salamandre commune
Image : Pixabay

D’autres animaux ont eux aussi des couleurs mais sont totalement inoffensifs pour les prédateurs. Ils copient simplement l’apparence des animaux toxiques et trompent ainsi les prédateurs. C’est ce qu’on appelle le mimétisme batésien ; cette stratégie tire son nom du scientifique qui l’a mise en évidence : monsieur Henry Walter Bates.

Regarde les photographies juste après, tu te rendras compte que les animaux toxiques et les animaux inoffensifs se ressemblent vraiment et tu comprendras pourquoi les prédateurs sont facilement dupés. Les photographies de gauche montrent des animaux toxiques ; les photographies de droite montrent des animaux totalement inoffensifs pour les prédateurs.

 

Aquatic coral snake 2 Erythrolamprus_aesculapii

Amauris_niavius_(dos)[1] Mocker_Swallowtail,_top_side

Images : Wikimedia commons

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Les premières fleurs du printemps

Après tout un hiver où la nature semble comme endormie, dès les tout premiers signes du printemps, elles apparaissent… les premières fleurs ! On les remarque, leurs couleurs nous sautent aux yeux ! Il faut dire qu’elles sont encore peu nombreuses à se dévoiler… Tu en as forcément déjà croisées plusieurs dans les jardins, au bord des chemins de promenades ou dans les parcs… Mais connais-tu leur petit nom ?! 

Pour commencer, je te présente les deux stars des parcs et jardins: j’ai nommé Pâquerette et Pissenlit ! Ah bon, tu les connais déjà ? C’est bien ce que je disais: de vraies vedettes ! Attention toutefois, elles font tellement bien la paire qu’il ne faudrait quand même pas qu’on les confonde… Mais d’ailleurs savais-tu qu’elles sont de la même famille ?

Véronique de Perse. Tous droits réservés, Marion pour Honua
Véronique de Perse. Tous droits réservés, Marion pour Honua

 

Elle vit souvent dans l’ombre des stars que je viens de te présenter. Ses fleurs, très petites et d’un beau bleu pâle passent plus inaperçues… et pourtant elles sont si jolies et délicates ! Permets-moi de te présenter la Véronique de Perse !

 

Lamier pourpre. Tous droits réservés, Marion pour Honua
Lamier pourpre. Tous droits réservés, Marion pour Honua

 

 

 

 

Lui aussi sait se faire discret et il ne faut pas hésiter à se pencher pour distinguer ses toutes petites fleurs roses. Un peu timide, il lui arrive de rougir un peu… ses feuilles sont souvent teintées de violet ! C’est le Lamier pourpre… mais chuuut, ne le dérangeons pas plus !

 

Drave printanière. Licence Creative Commons, par Kristian Peters
Drave printanière. Licence Creative Commons, par Kristian Peters

 

Avant que l’on ne relève les yeux, laisse-moi te montrer la Drave printanière. Elle est vraiment minuscule et pourtant on la trouve un peu partout ! Allez, je te donne un petit conseil: si tu veux la trouver lors de ta prochaine sortie printanière, il va falloir ouvrir les yeux bien grand et la chercher dans les zones où il n’y a pas trop d’herbe, sur des petites plaques de mousses…

 

Ficaire. Tous droits réservés, Marion pour Honua
Ficaire. Tous droits réservés, Marion pour Honua

 

De loin on pourrait la confondre avec le Pissenlit, mais il suffit de se rapprocher un peu pour distinguer ses beaux pétales d’un jaune brillant. On ne peut plus se tromper, c’est bien la Ficaire ! Ouf, d’un peu plus et elle allait se vexer !

Primevère officinale. Tous droits réservés, Marion pour Honua
Primevère officinale. Tous droits réservés, Marion pour Honua

 

 

Elle aussi a des fleurs jaunes. Voici la Primevère officinale, mais elle préfère qu’on l’appelle par son nom de scène: « Coucou » !

 

 

Violette. Tous droits réservés, Marion pour Honua
Violette. Tous droits réservés, Marion pour Honua

 

 

A Toulouse, elles font la une des affiches… Leur nom est celui de la couleur de leurs fleurs… Tu as deviné ? Il s’agit des Violettes ! Si certaines sont cultivées, de nombreuses espèces de Violettes poussent spontanément dans les jardins et autour de la ville.

Perce-neige. Tous droits réservés, Marion pour Honua
Perce-neige. Tous droits réservés, Marion pour Honua

 

 

 

Pour finir notre promenade au milieu des premières fleurs du printemps, je vais t’en présenter deux un peu plus rares mais tout de même assez facilement observables autour de Toulouse. Voici d’abord la célèbre Perce-neige. Ses belles clochettes blanches apparaissent parfois avant même que la neige ait fini de fondre !

 

Fritillaire pintade. Domaine public
Fritillaire pintade. Domaine public

 

 

 

Enfin, la Fritillaire pintade ne ressemble à aucune autre avec ses beaux motifs en damier blanc et pourpre. Elle est tellement belle… mais surtout ne la cueillons pas: elle est protégée et bien plus belle dans son écrin vert !

 

 

 

Si tu as croisé une de ces fleurs en te promenant, ou une autre dont tu aimerais bien connaître le nom, n’hésite pas à m’envoyer une photo !

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[Découverte] A la découverte des lichens

Les lichens, tu n’en entends probablement pas souvent parler… et pourtant, il y a de grandes chances pour que tu en croises tous les jours. Que tu habites en ville ou à la campagne, ils sont partout et il n’y a pas de saison pour les observer, les lichens sont visibles toute l’année. En fait, ils font tellement partie du décor qu’on les en oublierait presque!

En voici quelques spécimens photographiés sur des supports et dans des milieux très variés, les as-tu déjà croisés ?

Quel est leur secret pour vivre et grandir dans de tels endroits ?

Un lichen c’est en fait deux (et même parfois trois !) organismes qui vivent ensemble : un champignon et une algue verte et/ou une cyanobactérie. On dit qu’ils vivent en symbiose : chacun profite des atouts de l’autre et la plupart des champignons qui forment les lichens ne pourraient pas vivre sans leur partenaire algue ou cyanobactérie !

Coupe transversale d’un lichen observé au microscope électronique à balayage. On remarque un dense réseau de filaments de champigon (en jaune-orangé) et les cellules d’algues (en vert). © Yannick Agnan - Tous droits réservés.
Coupe transversale d’un lichen observé au microscope électronique à balayage. On remarque un dense réseau de filaments de champigon (en jaune-orangé) et les cellules d’algues (en vert). © Yannick Agnan – Tous droits réservés.

L’algue et la cyanobactérie sont capables, comme les plantes, d’utiliser la lumière du soleil pour fabriquer des sucres à partir du CO2 (dioxyde de carbone) de l’air. Et elles vont partager ces sucres avec leur partenaire champignon. Le champignon quant à lui est particulièrement efficace pour capter et conserver l’eau, l’humidité et les nutriments de l’air et de la pluie. Il fournit un abri à son partenaire algue ou cyanobactérie et partage ces nutriments. Cette association permet donc au lichen de s’installer, vivre et grandir avec pour seuls besoins : de la lumière, de l’air, de l’eau (pluie, brouillard,…) et un support sur lequel se fixer !

Mais les lichens grandissent très lentement… certains de plusieurs millimètres par an, d’autres tellement lentement que leur croissance est imperceptible ! Aussi, les lichens que tu vas observer seront pour la plupart bien plus vieux que toi ! On pense même que certains lichens, notamment parmi ceux qui poussent sur les roches, peuvent dépasser les 1000 ans d’existence…

Trucs et astuces pour partir à la découverte des lichens :

Pour découvrir la diversité des lichens tu n’as besoin que de tes yeux et de ton sens de l’observation. Éventuellement, si tu en as une, emportes ta loupe pour les observer d’encore plus près !

Recherche-les sur les troncs d’arbres, les petites branches tombées au sol, les rochers, les vieux murs et trottoirs, les souches d’arbres ou les talus…

Tu pourras observer des lichens avec des couleurs très variées : du jaune vif au noir, en passant par le orange, le vert, le marron, le gris…

Amuses-toi à retrouver de quel type de lichen il s’agit en fonction de leur forme. Il existe 3 principaux types de lichens:

  • Les lichens « crustacés » sont incrustés sur leur support, impossible de les détacher à moins de casser un bout de roche ou d’écorce!

Lichen crustacé gris clair sur un rocher. Tous droits réservés, Marion pour Honua
Lichen crustacé gris clair sur un rocher. Tous droits réservés, Marion pour Honua

  • Les lichens « fruticuleux » ressemblent un peu à de petits buissons.

Lichen fruticuleux vert pâle sur un tronc (attention, en vert foncé, il s’agit d’une mousse et non d’un lichen!). Tous droits réservés, Marion pour Honua

  • Les lichens « foliacés » forment des lobes qui ressemblent un peu à de petites feuilles.

Lichen foliacé gris sur un rocher (attention, en vert, il s'agit d'une mousse et non d'un lichen!). Tous droits réservés, Marion pour Honua
Lichen foliacé gris sur un rocher (attention, en vert, il s’agit d’une mousse et non d’un lichen!). Tous droits réservés, Marion pour Honua

Repère leurs petites particularités: certains ont des cils, d’autres portent des sortes de petites verrues ou ce qui ressemble à de petites assiettes (on parle d’apothécies) parfois d’une couleur différente de celle du reste du lichen, ou encore, d’autres sont tachetés, veinés… Ce sont autant d’indices qui permettent de les différencier les uns des autres !

Maintenant que tu les connais un peu mieux, à toi de jouer : ouvre l’œil lors de tes prochaines sorties !

Mésange charbonnière. Licence Creative Commons, Frank Vassen
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[Découverte] Reconnaître les oiseaux du jardin et des balcons

Ouvre grand les yeux, dans ton jardin et sur ton balcon. Si tu ne fais pas trop de bruit et que tu t’armes de patience, tu finiras par les apercevoir. Mais qui donc ? Les oiseaux du jardin ! Tu as sûrement déjà pu remarquer qu’ils ne se ressemblent pas tous. Grâce à cet article, tu vas apprendre à mieux les connaître et découvrir leurs noms.

Moineau domestique mâle
Moineau domestique mâle. Licence Creative Commons, MarcProudfoot

 

Tu m’as sûrement déjà aperçu 100 fois, dans la rue ou ailleurs, en train de ramasser les miettes de ton repas : je suis le moineau domestique ! On m’appelle « domestique » parce que j’aime bien vivre près de l’homme.

 

Moineau domestique femelle. Licence Creative Commons, Steven Severinghaus
Moineau domestique femelle. Licence Creative Commons, Steven Severinghaus

Tu as déjà dû remarquer que j’avais parfois le ventre marron clair avec un sourcil pâle et le dos rayé, et parfois plutôt avec le ventre gris, le dessus de la tête marron foncé et le bec et le visage comme si je l’avais trempé dans de la peinture noire ? Si oui, bravo, tu sais faire la différence entre des femelles moineau (marron clair) et des mâles moineau (avec le bec noir) !

 

Un pigeon biset. Licence Creative Commons, Giuss95
Un pigeon biset. Licence Creative Commons, Giuss95

Moi aussi, tu me connais sûrement très bien aussi : je suis le pigeon biset. Bien plus gros qu’un moineau, j’aime comme lui vivre au contact de l’homme, par exemple dans les villes, où on me croise très souvent. J’étais autrefois un oiseau sauvage comme les autres et je vivais à proximité des falaises mais l’homme m’a domestiqué pour que je porte ses messages et j’ai pris l’habitude de vivre à son contact

 

Tourterelle turque, Licence Creative Commons, Mark Kilner
Tourterelle turque, Licence Creative Commons, Mark Kilner

Je ressemble au pigeon, par la taille et par la forme, mais je n’en suis pas un ! On m’appelle la tourterelle turque. J’ai une histoire un peu particulière : comme mon nom l’indique, je ne suis pas vraiment d’ici. Je suis arrivée en France depuis la Turquie dans les années 50 et je m’y suis tellement plu que j’y suis restée et que je me suis répandue partout.

 

Étourneau sansonnet. Licence Creative Commons, Pierre Selim
Étourneau sansonnet. Licence Creative Commons, Pierre Selim

 

A mon tour de me présenter, je suis l’étourneau sansonnet. Ma frimousse ne te dit rien ? Pourtant, je suis sûr que tu m’as déjà vu ! J’aime vivre en ville et surtout, j’adore me regrouper en grandes bandes de plusieurs milliers d’oiseaux. Peut-être que si je me présentais plutôt comme cela, tu te souviendrais mieux de moi ?

 

Merle noir mâle. Tous droits réservés, Juliane pour Honua
Merle noir mâle. Tous droits réservés, Juliane pour Honua

 

Je suis tout de noir vêtu et j’ai le bec jaune vif, je suis le merle noir. Facile à reconnaître, n’est-ce-pas ? Peut-être pas tant que ça, parce que cette description ne me correspond que si je suis un mâle. Si je suis une femelle, je suis toute marron, et beaucoup plus discrète !

 

Rouge-gorge. Licence Creative Commons, Tony Cox
Rouge-gorge. Licence Creative Commons, Tony Cox

Si jamais tu oublies un jour mon nom, il te suffira de me jeter un coup d’œil pour qu’il te revienne : je suis le rouge-gorge familier. Chez moi, les mâles et les femelles sont presque identiques. On me surnomme souvent l’ami du jardinier, en effet, j’aime beaucoup les vers de terre et les insectes dérangés lorsqu’on retourne la terre et, si tu jardines, je te suivrai sûrement de près !

 

Mésange charbonnière. Licence Creative Commons, Frank Vassen
Mésange charbonnière. Licence Creative Commons, Frank Vassen

Moi aussi je suis l’amie du jardinier mais, plus farouche et plus discrète qu’un rouge-gorge, mon coup de main aux plantes passe souvent inaperçu : je suis la mésange charbonnière. En été, je mange quantité d’insectes qui aiment grignoter la végétation. En hiver, tu me verras souvent au poste de nourrissage me régaler des graines que tu m’y proposes. Pour reconnaître mon mâle de ma femelle, il va te falloir observer la bande noire qui me traverse la poitrine : elle est large chez les mâles et beaucoup plus fine chez les femelles.

Mésange bleue. Licence Creative Commons, gynti_46
Mésange bleue. Licence Creative Commons, gynti_46

 

Je suis aussi une mésange mais je suis nettement plus petite et je n’ai pas de noir sur la tête, je suis la mésange bleue. Je suis l’acrobate du jardin et tu me verras souvent suspendue la tête en bas pour atteindre une graine particulièrement succulente.

 

Pinson des arbres. Licence Creative Commons, Col Frankland
Pinson des arbres. Licence Creative Commons, Col Frankland

Moi c’est le pinson des arbres. On me reconnaît facilement avec ma couleur rouge brique, mon casque bleu ardoise et mes barres blanches sur les ailes. Ma femelle me ressemble beaucoup, si ce n’est qu’elle est bien plus terne, comme si ses couleurs avaient déteint. Peut-être que mon apparence ne te dit rien mais je suis sûr que tu m’as déjà entendu chanter. Tu ne me crois pas ? Alors écoute :

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Corneille noire. Licence Creative Commons, Mark Robinson
Corneille noire. Licence Creative Commons, Mark Robinson

Non, non et non, je le répète, je ne suis pas un corbeau, je suis la corneille noire. Mes cousins les grands corbeaux n’aiment pas trop vivre près des hommes alors si tu vois un grand oiseau noir près d’une maison ou en ville, c’est sûrement moi ! Mon costume tout noir m’a donné une réputation d’oiseau de mauvais augure vraiment injustifiée, d’autant plus que je suis un oiseau très intelligent et plutôt sympathique ! Regarde-moi donc résoudre ce puzzle en huit étapes les doigts dans le nez :

Pie bavarde. Licence Creative Commons, Hans-Jörg Hellwig
Pie bavarde. Licence Creative Commons, Hans-Jörg Hellwig

 

Impossible de me confondre avec qui que ce soit, je porte toujours un smoking noir et blanc impeccable : je suis la pie bavarde. J’ai la mauvaise réputation d’être une voleuse et j’avoue, j’ai du mal à résister à tout ce qui brille !

 

Tous ces oiseaux des jardins et balcons doivent trouver de quoi manger dehors toute l’année et, en hiver, cela peut devenir très compliqué. Si tu souhaites leur donner un petit coup de pouce pour passer la saison froide, tu peux consulter cet article qui t’apprendra comment leur fabriquer un poste de nourrissage !

Tu as des questions sur les oiseaux du jardin et des balcons ? Tu as vu un oiseau qui n’apparaît pas ici et tu aimerais savoir ce que c’était ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire et nous te répondrons !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons, Frank Vassen

 

Découverte de la nature

[Découverte] Les pucerons, les vampires du monde végétal

Tu as peut-être déjà entendu tes parents ou tes grands parents pester contre les pucerons qui avaient attaqué leurs rosiers, leur potager ou les plantes sur le balcon. Mais c’est quoi un puceron ?

Pucerons sur une plante
Des pucerons en train de se nourrir sur une plante. Les plus gros sont certainement des femelles parthénogénétiques et les plus petits les clones qu’elles ont produit et qui doivent encore grandir un peu. Image sous licence Creative Commons, Andreas Kay

Les pucerons sont de tous petits insectes qui vivent sur les plantes. Il en existe de quasiment toutes les couleurs (vert, jaune, orange, rose, noir…) et, selon les espèces, ils ne vivent pas sur les mêmes plantes. Il existe par exemple un puceron du pois, qui n’est pas le même que celui qui vit sur les rosiers, lui-même différent de celui qui vit sur le blé, et ainsi de suite. La plupart des pucerons n’ont pas d’ailes mais certains peuvent voler et parcourir de grandes distances pour trouver leur plante préférée.

Certains pucerons ont une manière très particulière de se reproduire. La majorité des pucerons que tu observes sur les plantes sont en fait des femelles, mais pas n’importe lesquelles. Ces femelles parthénogénétiques, comme le disent les scientifiques, sont capables de produire d’autres femelles qui leur sont complètement identiques : ce sont des clones. Et elles n’ont pas besoin de mâles pour cela, une femelle parthénogénétique peut toute seule produire des centaines de clones en quelques semaines. Tu comprends mieux maintenant pourquoi les plantes sont si vite envahies de pucerons !

Lorsqu’une nouvelle femelle parthénogénétique, un bébé clone, nait, il ne sort pas d’un œuf, il naît directement en tant que puceron miniature, qui va grandir et grossir. Mais ces petits pucerons sont très fragiles, alors l’hiver venu, certaines femelles arrêtent de produire des clones. Elles se mettent à produire plutôt des mâles et des femelles, qui vont eux se reproduire d’une manière plus classique pour des insectes : les mâles et les femelles vont s’accoupler, puis la femelle va pondre des œufs. Ces œufs, beaucoup plus solides qu’un petit puceron, vont survivre tout l’hiver et éclore au printemps. Et le cycle recommencera.

Mais pourquoi les pucerons attaquent-ils nos plantes ? Ces petits insectes sont les vampires des plantes : leur bouche est modifiée en une espèce de paille avec laquelle ils aspirent la sève (le liquide qui circule dans les tiges et les feuilles des plantes, comme le sang dans nos veines). C’est de la sève dont les pucerons se nourrissent, mais sans sève, les plantes se dessèchent et peuvent finir par mourir. Alors si les plantes de ton jardin ou de ton balcon sont pleines de pucerons, tu peux essayer de les sauver sans utiliser des produits chimiques, par exemple en construisant un nichoir à perce-oreilles.

Une question sur les pucerons ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons, Drriss & Marrionn
Découverte de la nature

[Découverte] Les osmies, ces abeilles qui préfèrent vivre seules

J’ai beau avoir un faux air de bourdon, je suis bien une abeille : on m’appelle l’osmie. Ne suis-je pas adorable avec mon look de peluche ? Des osmies comme moi, il en existe plusieurs dizaines d’espèces en France, dont deux sont particulièrement communes, l’osmie rousse (Osmia rufa) et l’osmie cornue (Osmia cornuta) et c’est d’elles dont on parlera ici.

Je suis un peu la baba cool des abeilles : je ne pique pas, ou alors exclusivement si ma vie est menacée. D’ailleurs, mes mâles n’ont pas de dard du tout. Calme et peu farouche, je me laisse facilement admirer. Ça tombe bien puisque mon comportement, très différent de celui des abeilles que l’on élève pour le miel, est passionnant à observer !

Je suis en effet une abeille solitaire. Chez moi, pas de ruche, pas de reine ni d’ouvrières (c’est mon côté anarchiste). Je me débrouille toute seule avec ma progéniture, je récolte leur nourriture et je construis leur abri moi-même. C’est de cette dernière habitude que me vient mon surnom d’abeille maçonne. Dans une cavité (un trou dans un mur, une tige creuse…) je construis une petite loge en terre. A l’intérieur de cette loge, j’accumule du nectar et du pollen que j’ai récoltés sur les fleurs des alentours. Je ponds un œuf puis je referme la loge avec de la terre. Et je passe à la construction d’une deuxième loge, directement sur la première si j’ai encore la place.

Osmie et loge
Une osmie en train de fermer une loge avec de la terre. Licence Creative Commons, par Max Westby

Quand mes œufs éclosent, la larve qui en sort dévore la nourriture que je lui ai laissée (souvenez-vous, le nectar et le pollen), puis elle grandit, grossit et finit par se tisser un cocon de soie dans lequel elle va à son tour se transformer en osmie. Ces jeunes osmies resteront au chaud dans leur cocon jusqu’au printemps suivant où elles prendront à leur tour leur envol.

Mais j’ai un petit souci. En effet, mes abris naturels, les tas de bois, les trous dans les murs en pierre, bref, mes cachettes préférées, sont de plus en plus rares. Alors si vous m’installez un nichoir à ma mesure, sur votre balcon ou dans votre jardin, je serais la plus heureuse des osmies ! Rien de bien compliqué : un petit fagot de bambou fera parfaitement l’affaire (à condition que chaque tige soit fermée à une extrémité). Exposez-le au sud ou à l’est au printemps et vous ne devriez pas tarder à me voir apparaître. Je vous récompenserai en vous laissant observer la manière dont je construis l’abri de ma progéniture et, bien sûr, en pollinisant vos fleurs et vos arbres fruitiers.

Tu veux apprendre à fabriquer un nichoir pour les osmies ? C’est par ici !

Une question sur les osmies ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons par Juergen Mangelsdorf
Un perce-oreille
Découverte de la nature

[Découverte] Le perce-oreille, le protecteur des plantes

Six pattes, des mandibules, des antennes… Je suis donc un insecte. Mais qu’est-donc, là, au bout de mon abdomen ? Une pince, des crochets ? Vous m’avez bien vite reconnu : je suis un forficule, ou perce-oreille. En voilà un drôle de nom d’ailleurs, pourtant, mes pinces (ou plutôt mes cerques, comme le disent les scientifiques) n’ont rien du tout contre vos oreilles. Elles me servent à impressionner ou à me défendre contre les prédateurs, oiseaux, araignées ou autres insectes, qui me voudraient du mal, mais seraient bien incapables de percer la peau humaine.

Je ne suis pas seul dans la grande famille des forficules : il existe plusieurs centaines d’espèces de perce-oreille de par le monde, dont plusieurs dizaines vivent en Europe. Mais le plus fréquent dans nos jardins c’est sans conteste moi, Forficula auricularia, le perce-oreille commun.

Dessin de perce-oreilles
En haut, un mâle perce-oreille, en bas, deux femelles dont une s’occupant de ses petits.

Chez moi, les mâles et les femelles se distinguent en un coup d’œil. Regardez bien mes cerques : sont-elles recourbées vers l’intérieur ? Je suis un mâle. Sont-elles droites et parallèles ? Je suis une femelle. D’ailleurs les femelles de mon espèce sont particulièrement admirables : elles font partie des très rares insectes qui s’occupent de leurs œufs puis de leurs petits. Elles les nettoient, les abritent et les protègent contre les attaques, jusqu’à ce qu’ils quittent le nid.

Je suis un insecte nocturne : je vis et je me déplace majoritairement la nuit. Du coup, pendant la journée, j’aime me faufiler dans des endroits sombres et peu accessibles et y rester camouflé jusqu’à ce que le soleil le couche. Un pot retourné rempli de foin ? C’est parfait, je peux me glisser dans un recoin entre les tiges et le pot me protège de la lumière. Difficile pour l’oiseau qui voudrait me manger de m’y retrouver. Un abri aussi pratique devient vite très couru et peut finir par accueillir une bonne dizaine de mes congénères.

Je me nourris de plein de choses différentes : des végétaux, des fruits très murs, des restes d’insectes, et j’adore aussi manger les pucerons et les acariens. Je peux donc être un allié précieux pour le jardinier, alors installez mon nichoir là où vous avez besoin de mes services, et je protègerai vos fleurs et vos fruits.

Tu veux fabriquer un nichoir pour les perce-oreilles ? C’est par ici ! Une question sur les perce-oreilles ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : Licence Creative Commons par Chris Socrier