Osmie et loge
Ateliers

[Atelier] Fabrique un nichoir à osmies

Sais-tu comment une fleur se transforme en fruit ? Le plus souvent, c’est grâce à un animal, un pollinisateur, qui transporte le pollen d’une fleur à l’autre. La fleur qui reçoit du pollen est fécondée et se transforme en fruit.

Beaucoup d’animaux sont des pollinisateurs. Ceux que tu connais le mieux, ce sont sûrement les abeilles qui produisent le miel, les papillons et les bourdons. Mais il en existe plein d’autres, comme par exemples les osmies (tu peux en apprendre plus sur les osmies dans cet article).

Les osmies sont des abeilles solitaires, elles ne font pas de miel et n’ont pas de reine. Chaque femelle s’occupe de ses petits uniquement. Par contre, elles ont besoin de trous, dans un mur ou dans un arbre, pour y construire l’abri où ses petits grandissent. Et dans nos villes et nos jardins, il y a de moins en moins d’arbres morts ou de murs plein de trous. Que peut-on faire pour aider les osmies, prêtes à nous polliniser gratuitement nos plants de tomates et nos pieds de fraisiers ? Et si on leur construisait un nichoir dans lequel elles pourront élever leurs petits ?

Pour cela il te faut :

Des morceaux d’environ 10cm de roseau ou de bambou, fermés d’un côté – Un morceau de raphia ou de ficelle

Tu as tout le matériel ? C’est parti pour la fabrication !

  1. Rassemble tes morceaux de bambou et regroupe toutes les extrémités ouvertes du même côté
  2. Utilise la ficelle ou le raphia pour attacher les morceaux de bambou bien serrés entre eux
  3. Accroche le fagot sur ton balcon ou dans ton jardin, exposé au sud ou à l’est

Nichoir à osmies

Avec un peu de chance, au printemps, tu pourras observer les osmies en train d’y construire des loges pour leurs petits ! Tu as des questions ? Des photos de ton nichoir ou des osmies qui s’y sont installées ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : Licence Creative Commons par Max Westby

Découverte de la nature

[Découverte] Les osmies, ces abeilles qui préfèrent vivre seules

J’ai beau avoir un faux air de bourdon, je suis bien une abeille : on m’appelle l’osmie. Ne suis-je pas adorable avec mon look de peluche ? Des osmies comme moi, il en existe plusieurs dizaines d’espèces en France, dont deux sont particulièrement communes, l’osmie rousse (Osmia rufa) et l’osmie cornue (Osmia cornuta) et c’est d’elles dont on parlera ici.

Je suis un peu la baba cool des abeilles : je ne pique pas, ou alors exclusivement si ma vie est menacée. D’ailleurs, mes mâles n’ont pas de dard du tout. Calme et peu farouche, je me laisse facilement admirer. Ça tombe bien puisque mon comportement, très différent de celui des abeilles que l’on élève pour le miel, est passionnant à observer !

Je suis en effet une abeille solitaire. Chez moi, pas de ruche, pas de reine ni d’ouvrières (c’est mon côté anarchiste). Je me débrouille toute seule avec ma progéniture, je récolte leur nourriture et je construis leur abri moi-même. C’est de cette dernière habitude que me vient mon surnom d’abeille maçonne. Dans une cavité (un trou dans un mur, une tige creuse…) je construis une petite loge en terre. A l’intérieur de cette loge, j’accumule du nectar et du pollen que j’ai récoltés sur les fleurs des alentours. Je ponds un œuf puis je referme la loge avec de la terre. Et je passe à la construction d’une deuxième loge, directement sur la première si j’ai encore la place.

Osmie et loge
Une osmie en train de fermer une loge avec de la terre. Licence Creative Commons, par Max Westby

Quand mes œufs éclosent, la larve qui en sort dévore la nourriture que je lui ai laissée (souvenez-vous, le nectar et le pollen), puis elle grandit, grossit et finit par se tisser un cocon de soie dans lequel elle va à son tour se transformer en osmie. Ces jeunes osmies resteront au chaud dans leur cocon jusqu’au printemps suivant où elles prendront à leur tour leur envol.

Mais j’ai un petit souci. En effet, mes abris naturels, les tas de bois, les trous dans les murs en pierre, bref, mes cachettes préférées, sont de plus en plus rares. Alors si vous m’installez un nichoir à ma mesure, sur votre balcon ou dans votre jardin, je serais la plus heureuse des osmies ! Rien de bien compliqué : un petit fagot de bambou fera parfaitement l’affaire (à condition que chaque tige soit fermée à une extrémité). Exposez-le au sud ou à l’est au printemps et vous ne devriez pas tarder à me voir apparaître. Je vous récompenserai en vous laissant observer la manière dont je construis l’abri de ma progéniture et, bien sûr, en pollinisant vos fleurs et vos arbres fruitiers.

Tu veux apprendre à fabriquer un nichoir pour les osmies ? C’est par ici !

Une question sur les osmies ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons par Juergen Mangelsdorf
Ateliers

[Atelier] Fabrique un nichoir à perce-oreilles

Regarde bien ces deux plantes :

Deux ciboulettes dont l'une a été attaquée par des pucerons
Deux plants de ciboulette. A ton avis, lequel a été attaqué par des pucerons ?

L’une d’entre elles est nettement plus jolie que l’autre, non ? Mais alors, qu’est-il arrivé à la plante de gauche pour qu’elle paraisse si desséchée ? La réponse est simple, elle s’est faite attaquer par le vampire des plantes : un puceron. Comme tu as pu le découvrir dans l’article sur les pucerons, ces petits insectes ont, en guise de bouche, une paille avec laquelle ils aspirent la sève des plantes. Sans sève, la plante sèche et, si on ne fait rien, elle finit par mourir.

Que peux-tu faire quand une plante de ton jardin ou de ton balcon est attaquée par un puceron ? Tu peux utiliser des produits chimiques, mais ils risquent de tuer tous les insectes qui viennent sur ta plante, pas seulement les pucerons. Et certains insectes, comme les abeilles, sont très utiles ! Alors je te propose une autre solution : construire un nichoir à perce-oreilles.

Les perce-oreilles ne méritent pas du tout sa mauvaise réputation (tu peux lire l’article ici sur les perce-oreilles si tu veux tout savoir sur cet insecte). Ils ne pincent pas, ne piquent pas, et, la nuit, se promènent sur nos plantes et y mangent les pucerons ! Mais dans nos jardins ou nos balcons trop bien rangés, il leur manque souvent un endroit pour s’abriter pendant la journée. Et un perce-oreilles sans abri est une proie facile pour les oiseaux…

Alors, fabriquons lui une cabane ! Pour cela, il te faut :

Un petit pot en terre cuite – Une grosse poignée de foin – Un morceau de raphia ou de ficelle

 Tu as tout le matériel ? C’est parti pour la fabrication !

Le nichoir une fois terminé
Le nichoir une fois terminé
  1. Prends entre tes mains le foin et fais-en un boudin bien serré
  2. Pose ce boudin de foin sur ton morceau de raphia
  3. Fais un double nœud bien serré autour du foin
  4. Prends ton pot d’une main et, de l’autre, fais passer les deux bouts de raphia à travers le trou du pot, de l’intérieur vers l’extérieur
  5. Rentre le boudin de foin à l’intérieur du pot et tire sur le raphia
  6. Décore le pot selon tes goûts

Ton nichoir à perce-oreilles est prêt ! Tu peux maintenant l’accrocher à la branche d’un arbre ou à la rambarde d’un balcon avec les deux morceaux de raphia qui dépassent du pot. Il n’y a plus qu’à attendre qu’un perce-oreille en balade repère sa nouvelle cabane et décide de s’y installer pour la journée.

Tu as des questions ? Des photos de ton nichoir ou des perce-oreilles qui s’y sont installés ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Un perce-oreille
Découverte de la nature

[Découverte] Le perce-oreille, le protecteur des plantes

Six pattes, des mandibules, des antennes… Je suis donc un insecte. Mais qu’est-donc, là, au bout de mon abdomen ? Une pince, des crochets ? Vous m’avez bien vite reconnu : je suis un forficule, ou perce-oreille. En voilà un drôle de nom d’ailleurs, pourtant, mes pinces (ou plutôt mes cerques, comme le disent les scientifiques) n’ont rien du tout contre vos oreilles. Elles me servent à impressionner ou à me défendre contre les prédateurs, oiseaux, araignées ou autres insectes, qui me voudraient du mal, mais seraient bien incapables de percer la peau humaine.

Je ne suis pas seul dans la grande famille des forficules : il existe plusieurs centaines d’espèces de perce-oreille de par le monde, dont plusieurs dizaines vivent en Europe. Mais le plus fréquent dans nos jardins c’est sans conteste moi, Forficula auricularia, le perce-oreille commun.

Dessin de perce-oreilles
En haut, un mâle perce-oreille, en bas, deux femelles dont une s’occupant de ses petits.

Chez moi, les mâles et les femelles se distinguent en un coup d’œil. Regardez bien mes cerques : sont-elles recourbées vers l’intérieur ? Je suis un mâle. Sont-elles droites et parallèles ? Je suis une femelle. D’ailleurs les femelles de mon espèce sont particulièrement admirables : elles font partie des très rares insectes qui s’occupent de leurs œufs puis de leurs petits. Elles les nettoient, les abritent et les protègent contre les attaques, jusqu’à ce qu’ils quittent le nid.

Je suis un insecte nocturne : je vis et je me déplace majoritairement la nuit. Du coup, pendant la journée, j’aime me faufiler dans des endroits sombres et peu accessibles et y rester camouflé jusqu’à ce que le soleil le couche. Un pot retourné rempli de foin ? C’est parfait, je peux me glisser dans un recoin entre les tiges et le pot me protège de la lumière. Difficile pour l’oiseau qui voudrait me manger de m’y retrouver. Un abri aussi pratique devient vite très couru et peut finir par accueillir une bonne dizaine de mes congénères.

Je me nourris de plein de choses différentes : des végétaux, des fruits très murs, des restes d’insectes, et j’adore aussi manger les pucerons et les acariens. Je peux donc être un allié précieux pour le jardinier, alors installez mon nichoir là où vous avez besoin de mes services, et je protègerai vos fleurs et vos fruits.

Tu veux fabriquer un nichoir pour les perce-oreilles ? C’est par ici ! Une question sur les perce-oreilles ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : Licence Creative Commons par Chris Socrier