Découverte de la nature

[Découverte] L’automédication ou quand les animaux jouent les docteurs

Comme toi, les animaux tombent parfois malades. Dans ce cas, comment font-ils ? Découvrons ensemble comment les animaux se soignent.

Les animaux n’ont pas la possibilité d’aller à la pharmacie pour acheter des médicaments, ni même de consulter un médecin. Du coup, ils se soignent par eux-mêmes, on parle d’automédication, et se débrouillent avec ce qu’ils trouvent dans la nature. C’est ce que faisaient nos grands-mères et nos grands-pères avant que les médicaments soient créés. As-tu déjà vu ta grand-mère boire une tisane de thym parce qu’elle avait mal à la gorge ? Ou mettre de l’eucalyptus sur son mouchoir pour soulager un vilain rhume ? Sais-tu que l’aspirine, que tes parents prennent quand ils ont mal à la tête, est extraite d’un arbre, le saule blanc ? C’est l’un des médicaments les plus consommés par les adultes. Toutes ces plantes, le thym, l’eucalyptus, le saule blanc…, sont disponibles dans la nature. Les animaux l’ont bien compris. Ils ont eux aussi plein de remèdes efficaces.

Le saule blanc, producteur d’un des médicaments les plus utilisés
(photo : wikimédia commons)

Les aliments que les singes mangent contiennent parfois des petits vers qui ne demandent qu’une chose : venir vivre dans l’estomac tout chaud des singes. Or, pour les singes, c’est une très mauvaise nouvelle, car une fois installé dans son estomac, le ver lui fait très mal. Il lui vole sa nourriture, c’est ce qu’on appelle un parasite. Pour éviter que le petit ver ne reste trop longtemps dans son estomac et qu’il développe une infection bactérienne, le chimpanzé mange des feuilles, il mâche la moelle amère de la vernonie commune (Gymnanthenmum amygdalinum) et avale les feuilles entières. Ces dernières relâchent des composés antiparasitaires et provoquent l’expulsion des parasites de leur ventre.

La vernonie commune
(photo : wikimédia commons)

Une autre plante qui fait du bien au chimpanzé est Aspilia sp. dont la fleur est jaune. Une troisième technique est de manger l’écorce de l’albizia (aussi appelé arbre à soie) qui incommode les parasites et les expulse de son organisme. Enfin, le chimpanzé consomme aussi de la terre et de l’argile pour se soigner.

Les chimpanzés savent très bien utiliser les plantes pour se soigner
(photo : wikimédia commons)

Tu connais sans doute le caractère très « précautionneux » des fourmis. Dans la fable La Cigale et la fourmi de Jean de la Fontaine, la fourmi fait des réserves pour l’hiver et anticipe aussi l’arrivée des maladies. Pour ne pas que les microbes s’installent dans sa maison (qu’on appelle une fourmilière), elle découpe des petits morceaux d’écorce de conifères (des pins, par exemple) et les fait rentrer dans sa fourmilière. Ces morceaux d’écorce libèrent des composés toxiques pour les microbes et empêchent leur développement. Les fourmis utilisent la résine antimicrobienne des conifères (elles en mettent dans leur fourmilière) pour éviter la croissance microbienne.

Comme la fourmi, l’étourneau sansonnet protège ses petits des bactéries. Il met des plantes fraîches, par exemple : la carotte sauvage, ainsi qu’une jolie plante qui s’appelle vergerette de Philadelphie (Erigeron philadelphicus), dans son nid pour ne pas que les parasites/microbes prolifèrent et contaminent ses petits.

L’étourneau sansonnet, un oiseau qui prend soin de ses petits
(photo : wikimédia commons)
La vergerette de Philadelphie
(photo : Y.O.T.O.)

Les parents papillons monarques ne construisent pas de nids, ni ne vivent pas dans des fourmilières. Ils n’ont pas d’abris fixes. Du coup, s’il y a une menace (par exemple : si eux-mêmes sont porteurs de maladies), ils ne peuvent pas protéger leurs petits en désinfectant leurs maisons. Par contre, ils ont une technique très efficace pour éviter que leurs larves tombent malades : ils pondent leurs œufs sur des feuilles d’une très belle plante appelée asclépiade qui éloigne les microbes, ce qui évite ainsi que leurs petits soient infectés.

Ce monarque se nourrit dans les fleurs de l’asclépiade
(photo : KatherineSlade)

Parfois les insectes sont attaqués par d’autres insectes. On appelle ces derniers les guêpes parasitoïdes. Elles ont l’habitude de pondre leurs œufs dans le corps d’insectes inoffensifs. Oui, oui, tu as bien lu : dans le corps des autres ! Les victimes ne se laissent pas faire, bien au contraire ! Les chenilles (Grammia incorrupta), qui deviendront de jolis papillons, mangent des feuilles qui contiennent des substances toxiques (alcaloïdes pyrrolizidines) pour se débarrasser des parasites.

Quand aux drosophiles (ces petites mouches que tu peux observer sur les fruits trop mûrs), elles boivent de l’alcool qui se trouve dans les fruits trop mûrs. Ingénieux, non ?

Enfin, nous allons terminer avec un animal que tu connais bien : le chien. Tu as peut-être déjà vu ton chien mâché de l’herbe. Il agit ainsi lorsqu’il a trop mangé ou qu’il a mal à l’estomac. Ca lui permet de ne plus avoir mal et d’être en pleine forme pour pouvoir continuer à jouer avec toi.

Les questions de Jason

Les fleurs sentent-elles toujours bon ?

En te promenant dans un jardin, tu as sans doute déjà senti le doux parfum des roses, du lilas, des violettes ou encore des pivoines. Ces odeurs sont si agréables qu’on n’a qu’une envie : plonger le nez dans les fleurs pour profiter avec gourmandise de leurs parfums.

Pivoines Image : Wikimedia commons
Pivoines
Image : Wikimedia commons

Ces fleurs ont été sélectionnées et sont parfois cultivées par l’homme pour faire des parfums vendus très cher. Certaines d’entre elles sont même l’emblème de nos régions, par exemple : la lavande dans le sud-est de la France.

Un joli champ de lavande Image : Commons wikimedia
Un joli champ de lavande
Image : Commons wikimedia

Si ces fleurs sentent si bon, ce n’est pas pour nous plaire mais plutôt pour attirer leurs pollinisateurs*. Et ces pollinisateurs, qui sont-ils ?

Tu te doutes bien qu’ils doivent avoir un odorat développé. Et qu’ils doivent être petits, car pour aller chercher le nectar et le pollen au cœur de la fleur. Alors une idée ? Ces pollinisateurs, ce sont les insectes. Et pas n’importe lesquels : les abeilles, les bourdons, les osmies, les papillons, etc.

En émettant ces parfums si délicats et si agréables, les fleurs indiquent aux pollinisateurs où elles se trouvent. Très souvent, ces fleurs qui sentent si bon ont aussi de très jolies couleurs. As-tu remarqué les couleurs chatoyantes des roses, le joli violet du lilas ou encore le jaune éclatant du mimosa ? C’est pour que les insectes les repèrent encore plus facilement.

Est-ce que toutes les fleurs sentent bon ? C’est une très bonne question.

Toutes les fleurs n’ont pas forcément une odeur caractéristique. Prenons l’exemple d’une marguerite. Es-tu capable de décrire son odeur ? Non ? Tu as raison, c’est parce que son odeur n’est pas très marquée. La marguerite attire ses pollinisateurs grâce à ses couleurs et notamment à son cœur tout jaune.

Il existe d’autres plantes dont les fleurs ne sentent rien. C’est le cas des arbres. Comment ça les arbres ont des fleurs ? Hé oui, tu as remarqué que les pommiers, les poiriers, les cerisiers font des fleurs au printemps. Ces fleurs sont pollinisées par les abeilles et les bourdons mais elles ne sentent rien.

Fleurs de pommier Image : Pixabay
Fleurs de pommier
Image : Pixabay

Et si je te parle du noisetier, du charme, du bouleau, connais-tu ces arbres ? Eux aussi ont des fleurs (on les appelle les chatons) mais elles ne sentent rien pour la bonne et simple raison qu’elles n’ont pas besoin des insectes pour la pollinisation. Elles, elles font appel au vent. Au printemps, lorsque les fleurs sont bien gorgées de pollen, un coup de vent assure le transfert du pollen vers d’autres fleurs. Ce sont des milliards de grains de pollen qui transitent sous nos yeux sans que l’on se rende compte de rien. Enfin, ça ne passe pas totalement inaperçu car de nombreuses personnes sont allergiques aux pollens. Quand il y a ce transfert de pollen, elles sont obligées de porter un masque, sinon c’est l’allergie et les crises d’éternuement assurées. Le transfert de pollen est pour elles une période qu’elles redoutent énormément.

Fleurs de bouleau Image : Pixabay
Fleurs de bouleau
Image : Pixabay
Fleurs de noisetier Image : Creative commons
Fleurs de noisetier
Image : Creative commons

Nous avons parlé des fleurs qui sentent bon et des fleurs qui ne sentent rien. Maintenant, nous allons parler des fleurs qui ne sentent pas bon, mais alors pas bon du tout !

La première d’entre elles est une fleur qu’on ne rencontre pas en France. C’est la rafflésie Rafflesia arnoldii. Elle pousse en Asie, là où il fait très chaud et très humide.

La rafflésie Image : Wiki commons
La rafflésie
Image : Wiki commons

Tu connais peut-être cette fleur, car elle a inspiré un personnage Pokémon qui s’appelle… Rafflesia. C’est la plus grosse fleur du monde : elle fait entre 30 et 40 cm de diamètre !

Cette grande fleur a la particularité de sentir… la viande pourrie ou en décomposition. Ça ne donne pas envie d’aller mettre le bout du nez dedans, qu’en penses-tu ? Si la rafflésie sent si mauvais, c’est pour attirer ses pollinisateurs, les mouches. Les mouches raffolent de cette odeur.

Et en France ? Chez nous aussi, il existe des fleurs qui ne sentent pas très bon. Par exemple : l’anthémis fétide Anthemis cotula, que l’on appelle également camomille puante.

Il y a aussi l’épiaire des bois Stachys sylvatica, elle ressemble à l’ortie en raison de ses feuilles velues et douces mais comme elle sent mauvais, on lui a donné un autre nom : ortie puante.

Les autres plantes que tu peux rencontrer sont :

– l’arum tacheté Arum maculatum qui est une jolie plante que l’on trouve dans les bois, mais qui sent les excréments. Attention ne la touche pas car elle est toxique.

– le serpentaire commun Dracunculus vulgaris qui est une plante qui pousse près de la mer Méditerranée et dont la fleur pourpre sent la viande pourrie.

L'épiaire des bois Image : Wiki commons
L’épiaire des bois
Image : Wiki commons
L'arum tacheté Image : Wiki commons
L’arum tacheté
Image : Wiki commons
Fruits de l'arum tacheté. Attention, ils sont toxiques ! Image : Wikimedia commons
Fruits de l’arum tacheté. Attention, ils sont toxiques !
Image : Wikimedia commons
La fleur pourpre du serpentaire commun Image : Wiki commons
La fleur pourpre du serpentaire commun
Image : Wiki commons

Mais cela n’empêche pas la plupart de ces fleurs d’être très jolies. Qu’en penses-tu ?

Maintenant que tu sais plein de choses sur le parfum des fleurs, n’hésite pas à nous écrire pour nous dire quel est ton parfum de fleur préféré.

 

 

* Pour savoir ce qu’est un pollinisateur, regarde notre article sur les osmies, ces abeilles solitaires qui ressemblent à des peluches (http://honua.fr/atelier-fabrique-un-nichoir-a-osmies/).

Actualités

Atelier « Aquaponie » au Quai des Savoirs

Aquaponie ? Mais qu’est-ce que ça peut bien être, l’aquaponie ?

Si vous voulez découvrir en famille cette méthode de culture durable et respectueuse de l’environnement, rendez-vous les 10 et 11 juin 2017 au Quai des Savoirs à Toulouse. Dans le cadre des « petites manips du week-end », Honua y animera plusieurs ateliers de découverte sur le sujet. On vous y attend nombreux !

Si vous n’êtes pas toulousains ou que vous ne pouvez-pas vous rendre à un de nos ateliers, pas de panique ! Un article sur le sujet arrivera très bientôt sur notre site web.

Informations pratiques

  • Lieu : le Quai des Savoirs, 39, allées Jules-Guesde, Toulouse

  • Jour : les 10 et 11 juin 2017

  • Public : à partir de 6 ans

  • Durée : 1h30

  • Horaires : à 10h30, 12h et 14h

  • Inscriptions : auprès de l’accueil du Quai des Savoirs

  • Tarif : 3€ par personne

Pour plus d’informations ou pour découvrir les autres ateliers proposés durant cette journée, rendez-vous sur le site web du Quai des Savoirs !

Découverte de la nature

[Découverte] A la découverte des lichens

Les lichens, tu n’en entends probablement pas souvent parler… et pourtant, il y a de grandes chances pour que tu en croises tous les jours. Que tu habites en ville ou à la campagne, ils sont partout et il n’y a pas de saison pour les observer, les lichens sont visibles toute l’année. En fait, ils font tellement partie du décor qu’on les en oublierait presque!

En voici quelques spécimens photographiés sur des supports et dans des milieux très variés, les as-tu déjà croisés ?

Quel est leur secret pour vivre et grandir dans de tels endroits ?

Un lichen c’est en fait deux (et même parfois trois !) organismes qui vivent ensemble : un champignon et une algue verte et/ou une cyanobactérie. On dit qu’ils vivent en symbiose : chacun profite des atouts de l’autre et la plupart des champignons qui forment les lichens ne pourraient pas vivre sans leur partenaire algue ou cyanobactérie !

Coupe transversale d’un lichen observé au microscope électronique à balayage. On remarque un dense réseau de filaments de champigon (en jaune-orangé) et les cellules d’algues (en vert). © Yannick Agnan - Tous droits réservés.
Coupe transversale d’un lichen observé au microscope électronique à balayage. On remarque un dense réseau de filaments de champigon (en jaune-orangé) et les cellules d’algues (en vert). © Yannick Agnan – Tous droits réservés.

L’algue et la cyanobactérie sont capables, comme les plantes, d’utiliser la lumière du soleil pour fabriquer des sucres à partir du CO2 (dioxyde de carbone) de l’air. Et elles vont partager ces sucres avec leur partenaire champignon. Le champignon quant à lui est particulièrement efficace pour capter et conserver l’eau, l’humidité et les nutriments de l’air et de la pluie. Il fournit un abri à son partenaire algue ou cyanobactérie et partage ces nutriments. Cette association permet donc au lichen de s’installer, vivre et grandir avec pour seuls besoins : de la lumière, de l’air, de l’eau (pluie, brouillard,…) et un support sur lequel se fixer !

Mais les lichens grandissent très lentement… certains de plusieurs millimètres par an, d’autres tellement lentement que leur croissance est imperceptible ! Aussi, les lichens que tu vas observer seront pour la plupart bien plus vieux que toi ! On pense même que certains lichens, notamment parmi ceux qui poussent sur les roches, peuvent dépasser les 1000 ans d’existence…

Trucs et astuces pour partir à la découverte des lichens :

Pour découvrir la diversité des lichens tu n’as besoin que de tes yeux et de ton sens de l’observation. Éventuellement, si tu en as une, emportes ta loupe pour les observer d’encore plus près !

Recherche-les sur les troncs d’arbres, les petites branches tombées au sol, les rochers, les vieux murs et trottoirs, les souches d’arbres ou les talus…

Tu pourras observer des lichens avec des couleurs très variées : du jaune vif au noir, en passant par le orange, le vert, le marron, le gris…

Amuses-toi à retrouver de quel type de lichen il s’agit en fonction de leur forme. Il existe 3 principaux types de lichens:

  • Les lichens « crustacés » sont incrustés sur leur support, impossible de les détacher à moins de casser un bout de roche ou d’écorce!
Lichen crustacé gris clair sur un rocher. Tous droits réservés, Marion pour Honua
Lichen crustacé gris clair sur un rocher. Tous droits réservés, Marion pour Honua
  • Les lichens « fruticuleux » ressemblent un peu à de petits buissons.
Lichen fruticuleux vert pâle sur un tronc (attention, en vert foncé, il s’agit d’une mousse et non d’un lichen!). Tous droits réservés, Marion pour Honua
  • Les lichens « foliacés » forment des lobes qui ressemblent un peu à de petites feuilles.
Lichen foliacé gris sur un rocher (attention, en vert, il s'agit d'une mousse et non d'un lichen!). Tous droits réservés, Marion pour Honua
Lichen foliacé gris sur un rocher (attention, en vert, il s’agit d’une mousse et non d’un lichen!). Tous droits réservés, Marion pour Honua

Repère leurs petites particularités: certains ont des cils, d’autres portent des sortes de petites verrues ou ce qui ressemble à de petites assiettes (on parle d’apothécies) parfois d’une couleur différente de celle du reste du lichen, ou encore, d’autres sont tachetés, veinés… Ce sont autant d’indices qui permettent de les différencier les uns des autres !

Maintenant que tu les connais un peu mieux, à toi de jouer : ouvre l’œil lors de tes prochaines sorties !

Mésange charbonnière. Licence Creative Commons, Frank Vassen
Découverte de la nature

[Découverte] Reconnaître les oiseaux du jardin et des balcons

Ouvre grand les yeux, dans ton jardin et sur ton balcon. Si tu ne fais pas trop de bruit et que tu t’armes de patience, tu finiras par les apercevoir. Mais qui donc ? Les oiseaux du jardin ! Tu as sûrement déjà pu remarquer qu’ils ne se ressemblent pas tous. Grâce à cet article, tu vas apprendre à mieux les connaître et découvrir leurs noms.

Moineau domestique mâle
Moineau domestique mâle. Licence Creative Commons, MarcProudfoot

 

Tu m’as sûrement déjà aperçu 100 fois, dans la rue ou ailleurs, en train de ramasser les miettes de ton repas : je suis le moineau domestique ! On m’appelle « domestique » parce que j’aime bien vivre près de l’homme.

 

Moineau domestique femelle. Licence Creative Commons, Steven Severinghaus
Moineau domestique femelle. Licence Creative Commons, Steven Severinghaus

Tu as déjà dû remarquer que j’avais parfois le ventre marron clair avec un sourcil pâle et le dos rayé, et parfois plutôt avec le ventre gris, le dessus de la tête marron foncé et le bec et le visage comme si je l’avais trempé dans de la peinture noire ? Si oui, bravo, tu sais faire la différence entre des femelles moineau (marron clair) et des mâles moineau (avec le bec noir) !

 

Un pigeon biset. Licence Creative Commons, Giuss95
Un pigeon biset. Licence Creative Commons, Giuss95

Moi aussi, tu me connais sûrement très bien aussi : je suis le pigeon biset. Bien plus gros qu’un moineau, j’aime comme lui vivre au contact de l’homme, par exemple dans les villes, où on me croise très souvent. J’étais autrefois un oiseau sauvage comme les autres et je vivais à proximité des falaises mais l’homme m’a domestiqué pour que je porte ses messages et j’ai pris l’habitude de vivre à son contact

 

Tourterelle turque, Licence Creative Commons, Mark Kilner
Tourterelle turque, Licence Creative Commons, Mark Kilner

Je ressemble au pigeon, par la taille et par la forme, mais je n’en suis pas un ! On m’appelle la tourterelle turque. J’ai une histoire un peu particulière : comme mon nom l’indique, je ne suis pas vraiment d’ici. Je suis arrivée en France depuis la Turquie dans les années 50 et je m’y suis tellement plu que j’y suis restée et que je me suis répandue partout.

 

Étourneau sansonnet. Licence Creative Commons, Pierre Selim
Étourneau sansonnet. Licence Creative Commons, Pierre Selim

 

A mon tour de me présenter, je suis l’étourneau sansonnet. Ma frimousse ne te dit rien ? Pourtant, je suis sûr que tu m’as déjà vu ! J’aime vivre en ville et surtout, j’adore me regrouper en grandes bandes de plusieurs milliers d’oiseaux. Peut-être que si je me présentais plutôt comme cela, tu te souviendrais mieux de moi ?

 

Merle noir mâle. Tous droits réservés, Juliane pour Honua
Merle noir mâle. Tous droits réservés, Juliane pour Honua

 

Je suis tout de noir vêtu et j’ai le bec jaune vif, je suis le merle noir. Facile à reconnaître, n’est-ce-pas ? Peut-être pas tant que ça, parce que cette description ne me correspond que si je suis un mâle. Si je suis une femelle, je suis toute marron, et beaucoup plus discrète !

 

Rouge-gorge. Licence Creative Commons, Tony Cox
Rouge-gorge. Licence Creative Commons, Tony Cox

Si jamais tu oublies un jour mon nom, il te suffira de me jeter un coup d’œil pour qu’il te revienne : je suis le rouge-gorge familier. Chez moi, les mâles et les femelles sont presque identiques. On me surnomme souvent l’ami du jardinier, en effet, j’aime beaucoup les vers de terre et les insectes dérangés lorsqu’on retourne la terre et, si tu jardines, je te suivrai sûrement de près !

 

Mésange charbonnière. Licence Creative Commons, Frank Vassen
Mésange charbonnière. Licence Creative Commons, Frank Vassen

Moi aussi je suis l’amie du jardinier mais, plus farouche et plus discrète qu’un rouge-gorge, mon coup de main aux plantes passe souvent inaperçu : je suis la mésange charbonnière. En été, je mange quantité d’insectes qui aiment grignoter la végétation. En hiver, tu me verras souvent au poste de nourrissage me régaler des graines que tu m’y proposes. Pour reconnaître mon mâle de ma femelle, il va te falloir observer la bande noire qui me traverse la poitrine : elle est large chez les mâles et beaucoup plus fine chez les femelles.

Mésange bleue. Licence Creative Commons, gynti_46
Mésange bleue. Licence Creative Commons, gynti_46

 

Je suis aussi une mésange mais je suis nettement plus petite et je n’ai pas de noir sur la tête, je suis la mésange bleue. Je suis l’acrobate du jardin et tu me verras souvent suspendue la tête en bas pour atteindre une graine particulièrement succulente.

 

Pinson des arbres. Licence Creative Commons, Col Frankland
Pinson des arbres. Licence Creative Commons, Col Frankland

Moi c’est le pinson des arbres. On me reconnaît facilement avec ma couleur rouge brique, mon casque bleu ardoise et mes barres blanches sur les ailes. Ma femelle me ressemble beaucoup, si ce n’est qu’elle est bien plus terne, comme si ses couleurs avaient déteint. Peut-être que mon apparence ne te dit rien mais je suis sûr que tu m’as déjà entendu chanter. Tu ne me crois pas ? Alors écoute :

[soundcloud url= »https://api.soundcloud.com/tracks/141668092″ params= »color=ff5500&auto_play=false&hide_related=false&show_comments=true&show_user=true&show_reposts=false » width= »100% » height= »166″ iframe= »true » /]

Corneille noire. Licence Creative Commons, Mark Robinson
Corneille noire. Licence Creative Commons, Mark Robinson

Non, non et non, je le répète, je ne suis pas un corbeau, je suis la corneille noire. Mes cousins les grands corbeaux n’aiment pas trop vivre près des hommes alors si tu vois un grand oiseau noir près d’une maison ou en ville, c’est sûrement moi ! Mon costume tout noir m’a donné une réputation d’oiseau de mauvais augure vraiment injustifiée, d’autant plus que je suis un oiseau très intelligent et plutôt sympathique ! Regarde-moi donc résoudre ce puzzle en huit étapes les doigts dans le nez :

Pie bavarde. Licence Creative Commons, Hans-Jörg Hellwig
Pie bavarde. Licence Creative Commons, Hans-Jörg Hellwig

 

Impossible de me confondre avec qui que ce soit, je porte toujours un smoking noir et blanc impeccable : je suis la pie bavarde. J’ai la mauvaise réputation d’être une voleuse et j’avoue, j’ai du mal à résister à tout ce qui brille !

 

Tous ces oiseaux des jardins et balcons doivent trouver de quoi manger dehors toute l’année et, en hiver, cela peut devenir très compliqué. Si tu souhaites leur donner un petit coup de pouce pour passer la saison froide, tu peux consulter cet article qui t’apprendra comment leur fabriquer un poste de nourrissage !

Tu as des questions sur les oiseaux du jardin et des balcons ? Tu as vu un oiseau qui n’apparaît pas ici et tu aimerais savoir ce que c’était ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire et nous te répondrons !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons, Frank Vassen

 

Mangeoire et oiseaux
Ateliers

[Atelier] Fabrique un poste de nourrissage pour les oiseaux

L’hiver approche et les premières gelées sont là ! Tu mets des vêtements plus chauds et tu restes plus souvent à l’intérieur, à l’abri du froid, mais comment font les oiseaux qui vivent dehors toute l’année ? Pour passer l’hiver, ils cherchent de la nourriture riche en graisses, qui les aide à produire l’énergie dont ils ont besoin pour lutter contre le froid. Et, si tu veux, tu peux les aider en créant un poste de nourrissage. Tu peux acheter des mangeoires ou des boules de graisse à suspendre toutes faites, mais tu peux aussi les fabriquer, c’est beaucoup plus amusant ! N’oublie pas de demander l’aide d’un adulte avant de commencer.

 

Les boules de graisse

Pour fabriquer tes boules de graisse, il te faut :

Des pots de yaourt vides – Des allumettes ou de petits morceaux de bois – Des morceaux de ficelle – Des graines pour oiseaux – De la graisse végétale (margarine, végétaline…)

Mésange bleue sur une boule de graisse
Mésange bleue sur une boule de graisse. Licence Creative Commons, Sylvain H (modifié)

1. Dans chacun de tes pots de yaourt, pose un morceau de bois ou une allumette attachés à une ficelle qui dépasse du pot

2. Fais chauffer dans une casserole de la graisse végétale jusqu’à ce qu’elle fonde

3. Retire la casserole du feu et ajoute-y les graines, mélange bien

4. Verse avec précaution le mélange dans les pots de yaourt et laisse refroidir jusqu’à ce que la graisse se solidifie

5. Démoule les boules de graisse des pots de yaourt (si tu n’y arrives pas, passe le pot sous l’eau chaude quelques minutes avant de réessayer) et suspends-les au balcon ou à une branche !

Si les boules de graisse s’abiment trop vite quand tu les suspends, tu peux les entourer d’un morceau de filet à oranges et les suspendre par le filet

 

La mangeoire orange

Pour fabriquer cette mangeoire, il te faut :

Une grosse orange – Des graines pour oiseaux – Deux morceaux de ficelle – Un cure-dents

Une mangeoire orange
Une mangeoire orange. Illustration par Juliane, association Honua

1. Coupe l’orange en deux moitiés égales

2. Enlève la pulpe de l’orange, avec une cuillère par exemple, en faisant bien attention de ne pas déchirer la peau. Tu peux garder la pulpe pour ton goûter !

3. Avec le cure-dents, fais quatre trous de part et d’autre de la peau d’une demie orange

4. Passe les deux ficelles dans les trous

5. Remplis l’orange de graines ou du mélange à boules de graisses, et suspends-la au balcon ou à une branche !

 

La mangeoire pomme de pin

Pour fabriquer cette mangeoire, il te faut :

Une grosse pomme de pin – Du beurre de cacahuète – Des graines pour oiseaux – Un morceau de ficelle

Mangeoire pomme de pin
Une mangeoire pomme de pin. Licence Creative Commons, Nine Minutes

1. Attache solidement la ficelle à la pomme de pin

2. Recouvre la pomme de pin de beurre de cacahuète

3. Roule la pomme de pin dans les graines

4. Suspends la pomme de pin au balcon ou à une branche !

Si tu n’as pas de beurre de cacahuète, tu peux tremper la pomme de pin dans le mélange pour boules de graisses et laisser refroidir avant de la suspendre.

 

Conseils pour ton poste de nourrissage

Plus la nourriture sur le poste de nourrissage sera variée et plus il y aura d’espèces d’oiseaux qui viendront y manger.  En plus de la graisse et des graines, tu peux aussi mettre des miettes de pain, des pommes, des raisins secs, des cacahuètes non salées…

Les oiseaux ont aussi besoin de boire et, s’il gèle, ils peuvent avoir du mal à trouver de l’eau. Fournis leur des coupelles avec de l’eau propre que tu changeras souvent.

Attention aux chats ! S’il y en a dans ton jardin, suspends bien la nourriture hors de leur portée. Si ton chat sort pendant l’hiver, mets lui un collier avec une clochette, les oiseaux l’entendront arriver et ne se feront pas attraper.

N’oublie pas qu’en hiver, les oiseaux économisent leur énergie au maximum alors, si tu veux nous observer, fais-le derrière une fenêtre, bien caché, pour ne pas nous faire peur et nous faire dépenser notre précieuse énergie.

 

Tu veux apprendre à reconnaître les oiseaux des jardins et des balcons ? Consulte vite cet article ! Tu as des questions sur ton poste de nourrissage ou tu veux nous montrer des photos ? N’hésite pas, écris nous un commentaire et nous te répondrons !

Actualités

Lancement officiel du site web

Bonjour à tous ! Aujourd’hui est un grand jour puisque c’est celui du lancement officiel du site web d’Honua ! Ici, vous trouverez des articles pour faire découvrir la nature aux enfants et aux plus grands, ainsi que des idées d’actions à réaliser chez soi ou en classe pour préserver localement la biodiversité.

Vous êtes un parent, un enseignant ou un grand enfant ? N’hésitez pas à vous abonner à ce site ou à nous suivre sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) pour être mis au courant de la publication de nos nouveaux articles !

Vous êtes un enseignant ou vous travaillez dans un centre de loisirs et vous souhaitez monter un projet avec nous ? Il vous suffit de nous contacter et nous verrons ce que nous pouvons faire ensemble !

Bonne navigation sur notre site,

L’équipe de Honua

Découverte de la nature

[Découverte] Les pucerons, les vampires du monde végétal

Tu as peut-être déjà entendu tes parents ou tes grands parents pester contre les pucerons qui avaient attaqué leurs rosiers, leur potager ou les plantes sur le balcon. Mais c’est quoi un puceron ?

Pucerons sur une plante
Des pucerons en train de se nourrir sur une plante. Les plus gros sont certainement des femelles parthénogénétiques et les plus petits les clones qu’elles ont produit et qui doivent encore grandir un peu. Image sous licence Creative Commons, Andreas Kay

Les pucerons sont de tous petits insectes qui vivent sur les plantes. Il en existe de quasiment toutes les couleurs (vert, jaune, orange, rose, noir…) et, selon les espèces, ils ne vivent pas sur les mêmes plantes. Il existe par exemple un puceron du pois, qui n’est pas le même que celui qui vit sur les rosiers, lui-même différent de celui qui vit sur le blé, et ainsi de suite. La plupart des pucerons n’ont pas d’ailes mais certains peuvent voler et parcourir de grandes distances pour trouver leur plante préférée.

Certains pucerons ont une manière très particulière de se reproduire. La majorité des pucerons que tu observes sur les plantes sont en fait des femelles, mais pas n’importe lesquelles. Ces femelles parthénogénétiques, comme le disent les scientifiques, sont capables de produire d’autres femelles qui leur sont complètement identiques : ce sont des clones. Et elles n’ont pas besoin de mâles pour cela, une femelle parthénogénétique peut toute seule produire des centaines de clones en quelques semaines. Tu comprends mieux maintenant pourquoi les plantes sont si vite envahies de pucerons !

Lorsqu’une nouvelle femelle parthénogénétique, un bébé clone, nait, il ne sort pas d’un œuf, il naît directement en tant que puceron miniature, qui va grandir et grossir. Mais ces petits pucerons sont très fragiles, alors l’hiver venu, certaines femelles arrêtent de produire des clones. Elles se mettent à produire plutôt des mâles et des femelles, qui vont eux se reproduire d’une manière plus classique pour des insectes : les mâles et les femelles vont s’accoupler, puis la femelle va pondre des œufs. Ces œufs, beaucoup plus solides qu’un petit puceron, vont survivre tout l’hiver et éclore au printemps. Et le cycle recommencera.

Mais pourquoi les pucerons attaquent-ils nos plantes ? Ces petits insectes sont les vampires des plantes : leur bouche est modifiée en une espèce de paille avec laquelle ils aspirent la sève (le liquide qui circule dans les tiges et les feuilles des plantes, comme le sang dans nos veines). C’est de la sève dont les pucerons se nourrissent, mais sans sève, les plantes se dessèchent et peuvent finir par mourir. Alors si les plantes de ton jardin ou de ton balcon sont pleines de pucerons, tu peux essayer de les sauver sans utiliser des produits chimiques, par exemple en construisant un nichoir à perce-oreilles.

Une question sur les pucerons ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons, Drriss & Marrionn
Osmie et loge
Ateliers

[Atelier] Fabrique un nichoir à osmies

Sais-tu comment une fleur se transforme en fruit ? Le plus souvent, c’est grâce à un animal, un pollinisateur, qui transporte le pollen d’une fleur à l’autre. La fleur qui reçoit du pollen est fécondée et se transforme en fruit.

Beaucoup d’animaux sont des pollinisateurs. Ceux que tu connais le mieux, ce sont sûrement les abeilles qui produisent le miel, les papillons et les bourdons. Mais il en existe plein d’autres, comme par exemples les osmies (tu peux en apprendre plus sur les osmies dans cet article).

Les osmies sont des abeilles solitaires, elles ne font pas de miel et n’ont pas de reine. Chaque femelle s’occupe de ses petits uniquement. Par contre, elles ont besoin de trous, dans un mur ou dans un arbre, pour y construire l’abri où ses petits grandissent. Et dans nos villes et nos jardins, il y a de moins en moins d’arbres morts ou de murs plein de trous. Que peut-on faire pour aider les osmies, prêtes à nous polliniser gratuitement nos plants de tomates et nos pieds de fraisiers ? Et si on leur construisait un nichoir dans lequel elles pourront élever leurs petits ?

Pour cela il te faut :

Des morceaux d’environ 10cm de roseau ou de bambou, fermés d’un côté – Un morceau de raphia ou de ficelle

Tu as tout le matériel ? C’est parti pour la fabrication !

  1. Rassemble tes morceaux de bambou et regroupe toutes les extrémités ouvertes du même côté
  2. Utilise la ficelle ou le raphia pour attacher les morceaux de bambou bien serrés entre eux
  3. Accroche le fagot sur ton balcon ou dans ton jardin, exposé au sud ou à l’est

Nichoir à osmies

Avec un peu de chance, au printemps, tu pourras observer les osmies en train d’y construire des loges pour leurs petits ! Tu as des questions ? Des photos de ton nichoir ou des osmies qui s’y sont installées ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : Licence Creative Commons par Max Westby

Découverte de la nature

[Découverte] Les osmies, ces abeilles qui préfèrent vivre seules

J’ai beau avoir un faux air de bourdon, je suis bien une abeille : on m’appelle l’osmie. Ne suis-je pas adorable avec mon look de peluche ? Des osmies comme moi, il en existe plusieurs dizaines d’espèces en France, dont deux sont particulièrement communes, l’osmie rousse (Osmia rufa) et l’osmie cornue (Osmia cornuta) et c’est d’elles dont on parlera ici.

Je suis un peu la baba cool des abeilles : je ne pique pas, ou alors exclusivement si ma vie est menacée. D’ailleurs, mes mâles n’ont pas de dard du tout. Calme et peu farouche, je me laisse facilement admirer. Ça tombe bien puisque mon comportement, très différent de celui des abeilles que l’on élève pour le miel, est passionnant à observer !

Je suis en effet une abeille solitaire. Chez moi, pas de ruche, pas de reine ni d’ouvrières (c’est mon côté anarchiste). Je me débrouille toute seule avec ma progéniture, je récolte leur nourriture et je construis leur abri moi-même. C’est de cette dernière habitude que me vient mon surnom d’abeille maçonne. Dans une cavité (un trou dans un mur, une tige creuse…) je construis une petite loge en terre. A l’intérieur de cette loge, j’accumule du nectar et du pollen que j’ai récoltés sur les fleurs des alentours. Je ponds un œuf puis je referme la loge avec de la terre. Et je passe à la construction d’une deuxième loge, directement sur la première si j’ai encore la place.

Osmie et loge
Une osmie en train de fermer une loge avec de la terre. Licence Creative Commons, par Max Westby

Quand mes œufs éclosent, la larve qui en sort dévore la nourriture que je lui ai laissée (souvenez-vous, le nectar et le pollen), puis elle grandit, grossit et finit par se tisser un cocon de soie dans lequel elle va à son tour se transformer en osmie. Ces jeunes osmies resteront au chaud dans leur cocon jusqu’au printemps suivant où elles prendront à leur tour leur envol.

Mais j’ai un petit souci. En effet, mes abris naturels, les tas de bois, les trous dans les murs en pierre, bref, mes cachettes préférées, sont de plus en plus rares. Alors si vous m’installez un nichoir à ma mesure, sur votre balcon ou dans votre jardin, je serais la plus heureuse des osmies ! Rien de bien compliqué : un petit fagot de bambou fera parfaitement l’affaire (à condition que chaque tige soit fermée à une extrémité). Exposez-le au sud ou à l’est au printemps et vous ne devriez pas tarder à me voir apparaître. Je vous récompenserai en vous laissant observer la manière dont je construis l’abri de ma progéniture et, bien sûr, en pollinisant vos fleurs et vos arbres fruitiers.

Tu veux apprendre à fabriquer un nichoir pour les osmies ? C’est par ici !

Une question sur les osmies ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons par Juergen Mangelsdorf
Ateliers

[Atelier] Fabrique un nichoir à perce-oreilles

Regarde bien ces deux plantes :

Deux ciboulettes dont l'une a été attaquée par des pucerons
Deux plants de ciboulette. A ton avis, lequel a été attaqué par des pucerons ?

L’une d’entre elles est nettement plus jolie que l’autre, non ? Mais alors, qu’est-il arrivé à la plante de gauche pour qu’elle paraisse si desséchée ? La réponse est simple, elle s’est faite attaquer par le vampire des plantes : un puceron. Comme tu as pu le découvrir dans l’article sur les pucerons, ces petits insectes ont, en guise de bouche, une paille avec laquelle ils aspirent la sève des plantes. Sans sève, la plante sèche et, si on ne fait rien, elle finit par mourir.

Que peux-tu faire quand une plante de ton jardin ou de ton balcon est attaquée par un puceron ? Tu peux utiliser des produits chimiques, mais ils risquent de tuer tous les insectes qui viennent sur ta plante, pas seulement les pucerons. Et certains insectes, comme les abeilles, sont très utiles ! Alors je te propose une autre solution : construire un nichoir à perce-oreilles.

Les perce-oreilles ne méritent pas du tout sa mauvaise réputation (tu peux lire l’article ici sur les perce-oreilles si tu veux tout savoir sur cet insecte). Ils ne pincent pas, ne piquent pas, et, la nuit, se promènent sur nos plantes et y mangent les pucerons ! Mais dans nos jardins ou nos balcons trop bien rangés, il leur manque souvent un endroit pour s’abriter pendant la journée. Et un perce-oreilles sans abri est une proie facile pour les oiseaux…

Alors, fabriquons lui une cabane ! Pour cela, il te faut :

Un petit pot en terre cuite – Une grosse poignée de foin – Un morceau de raphia ou de ficelle

 Tu as tout le matériel ? C’est parti pour la fabrication !

Le nichoir une fois terminé
Le nichoir une fois terminé
  1. Prends entre tes mains le foin et fais-en un boudin bien serré
  2. Pose ce boudin de foin sur ton morceau de raphia
  3. Fais un double nœud bien serré autour du foin
  4. Prends ton pot d’une main et, de l’autre, fais passer les deux bouts de raphia à travers le trou du pot, de l’intérieur vers l’extérieur
  5. Rentre le boudin de foin à l’intérieur du pot et tire sur le raphia
  6. Décore le pot selon tes goûts

Ton nichoir à perce-oreilles est prêt ! Tu peux maintenant l’accrocher à la branche d’un arbre ou à la rambarde d’un balcon avec les deux morceaux de raphia qui dépassent du pot. Il n’y a plus qu’à attendre qu’un perce-oreille en balade repère sa nouvelle cabane et décide de s’y installer pour la journée.

Tu as des questions ? Des photos de ton nichoir ou des perce-oreilles qui s’y sont installés ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Un perce-oreille
Découverte de la nature

[Découverte] Le perce-oreille, le protecteur des plantes

Six pattes, des mandibules, des antennes… Je suis donc un insecte. Mais qu’est-donc, là, au bout de mon abdomen ? Une pince, des crochets ? Vous m’avez bien vite reconnu : je suis un forficule, ou perce-oreille. En voilà un drôle de nom d’ailleurs, pourtant, mes pinces (ou plutôt mes cerques, comme le disent les scientifiques) n’ont rien du tout contre vos oreilles. Elles me servent à impressionner ou à me défendre contre les prédateurs, oiseaux, araignées ou autres insectes, qui me voudraient du mal, mais seraient bien incapables de percer la peau humaine.

Je ne suis pas seul dans la grande famille des forficules : il existe plusieurs centaines d’espèces de perce-oreille de par le monde, dont plusieurs dizaines vivent en Europe. Mais le plus fréquent dans nos jardins c’est sans conteste moi, Forficula auricularia, le perce-oreille commun.

Dessin de perce-oreilles
En haut, un mâle perce-oreille, en bas, deux femelles dont une s’occupant de ses petits.

Chez moi, les mâles et les femelles se distinguent en un coup d’œil. Regardez bien mes cerques : sont-elles recourbées vers l’intérieur ? Je suis un mâle. Sont-elles droites et parallèles ? Je suis une femelle. D’ailleurs les femelles de mon espèce sont particulièrement admirables : elles font partie des très rares insectes qui s’occupent de leurs œufs puis de leurs petits. Elles les nettoient, les abritent et les protègent contre les attaques, jusqu’à ce qu’ils quittent le nid.

Je suis un insecte nocturne : je vis et je me déplace majoritairement la nuit. Du coup, pendant la journée, j’aime me faufiler dans des endroits sombres et peu accessibles et y rester camouflé jusqu’à ce que le soleil le couche. Un pot retourné rempli de foin ? C’est parfait, je peux me glisser dans un recoin entre les tiges et le pot me protège de la lumière. Difficile pour l’oiseau qui voudrait me manger de m’y retrouver. Un abri aussi pratique devient vite très couru et peut finir par accueillir une bonne dizaine de mes congénères.

Je me nourris de plein de choses différentes : des végétaux, des fruits très murs, des restes d’insectes, et j’adore aussi manger les pucerons et les acariens. Je peux donc être un allié précieux pour le jardinier, alors installez mon nichoir là où vous avez besoin de mes services, et je protègerai vos fleurs et vos fruits.

Tu veux fabriquer un nichoir pour les perce-oreilles ? C’est par ici ! Une question sur les perce-oreilles ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : Licence Creative Commons par Chris Socrier