Découverte de la nature

[Découverte] L’automédication ou quand les animaux jouent les docteurs

Comme toi, les animaux tombent parfois malades. Dans ce cas, comment font-ils ? Découvrons ensemble comment les animaux se soignent.

Les animaux n’ont pas la possibilité d’aller à la pharmacie pour acheter des médicaments, ni même de consulter un médecin. Du coup, ils se soignent par eux-mêmes, on parle d’automédication, et se débrouillent avec ce qu’ils trouvent dans la nature. C’est ce que faisaient nos grands-mères et nos grands-pères avant que les médicaments soient créés. As-tu déjà vu ta grand-mère boire une tisane de thym parce qu’elle avait mal à la gorge ? Ou mettre de l’eucalyptus sur son mouchoir pour soulager un vilain rhume ? Sais-tu que l’aspirine, que tes parents prennent quand ils ont mal à la tête, est extraite d’un arbre, le saule blanc ? C’est l’un des médicaments les plus consommés par les adultes. Toutes ces plantes, le thym, l’eucalyptus, le saule blanc…, sont disponibles dans la nature. Les animaux l’ont bien compris. Ils ont eux aussi plein de remèdes efficaces.

Le saule blanc, producteur d’un des médicaments les plus utilisés
(photo : wikimédia commons)

Les aliments que les singes mangent contiennent parfois des petits vers qui ne demandent qu’une chose : venir vivre dans l’estomac tout chaud des singes. Or, pour les singes, c’est une très mauvaise nouvelle, car une fois installé dans son estomac, le ver lui fait très mal. Il lui vole sa nourriture, c’est ce qu’on appelle un parasite. Pour éviter que le petit ver ne reste trop longtemps dans son estomac et qu’il développe une infection bactérienne, le chimpanzé mange des feuilles, il mâche la moelle amère de la vernonie commune (Gymnanthenmum amygdalinum) et avale les feuilles entières. Ces dernières relâchent des composés antiparasitaires et provoquent l’expulsion des parasites de leur ventre.

La vernonie commune
(photo : wikimédia commons)

Une autre plante qui fait du bien au chimpanzé est Aspilia sp. dont la fleur est jaune. Une troisième technique est de manger l’écorce de l’albizia (aussi appelé arbre à soie) qui incommode les parasites et les expulse de son organisme. Enfin, le chimpanzé consomme aussi de la terre et de l’argile pour se soigner.

Les chimpanzés savent très bien utiliser les plantes pour se soigner
(photo : wikimédia commons)

Tu connais sans doute le caractère très « précautionneux » des fourmis. Dans la fable La Cigale et la fourmi de Jean de la Fontaine, la fourmi fait des réserves pour l’hiver et anticipe aussi l’arrivée des maladies. Pour ne pas que les microbes s’installent dans sa maison (qu’on appelle une fourmilière), elle découpe des petits morceaux d’écorce de conifères (des pins, par exemple) et les fait rentrer dans sa fourmilière. Ces morceaux d’écorce libèrent des composés toxiques pour les microbes et empêchent leur développement. Les fourmis utilisent la résine antimicrobienne des conifères (elles en mettent dans leur fourmilière) pour éviter la croissance microbienne.

Comme la fourmi, l’étourneau sansonnet protège ses petits des bactéries. Il met des plantes fraîches, par exemple : la carotte sauvage, ainsi qu’une jolie plante qui s’appelle vergerette de Philadelphie (Erigeron philadelphicus), dans son nid pour ne pas que les parasites/microbes prolifèrent et contaminent ses petits.

L’étourneau sansonnet, un oiseau qui prend soin de ses petits
(photo : wikimédia commons)
La vergerette de Philadelphie
(photo : Y.O.T.O.)

Les parents papillons monarques ne construisent pas de nids, ni ne vivent pas dans des fourmilières. Ils n’ont pas d’abris fixes. Du coup, s’il y a une menace (par exemple : si eux-mêmes sont porteurs de maladies), ils ne peuvent pas protéger leurs petits en désinfectant leurs maisons. Par contre, ils ont une technique très efficace pour éviter que leurs larves tombent malades : ils pondent leurs œufs sur des feuilles d’une très belle plante appelée asclépiade qui éloigne les microbes, ce qui évite ainsi que leurs petits soient infectés.

Ce monarque se nourrit dans les fleurs de l’asclépiade
(photo : KatherineSlade)

Parfois les insectes sont attaqués par d’autres insectes. On appelle ces derniers les guêpes parasitoïdes. Elles ont l’habitude de pondre leurs œufs dans le corps d’insectes inoffensifs. Oui, oui, tu as bien lu : dans le corps des autres ! Les victimes ne se laissent pas faire, bien au contraire ! Les chenilles (Grammia incorrupta), qui deviendront de jolis papillons, mangent des feuilles qui contiennent des substances toxiques (alcaloïdes pyrrolizidines) pour se débarrasser des parasites.

Quand aux drosophiles (ces petites mouches que tu peux observer sur les fruits trop mûrs), elles boivent de l’alcool qui se trouve dans les fruits trop mûrs. Ingénieux, non ?

Enfin, nous allons terminer avec un animal que tu connais bien : le chien. Tu as peut-être déjà vu ton chien mâché de l’herbe. Il agit ainsi lorsqu’il a trop mangé ou qu’il a mal à l’estomac. Ca lui permet de ne plus avoir mal et d’être en pleine forme pour pouvoir continuer à jouer avec toi.