Découverte de la nature

[Découverte] L’abeille charpentière : un gros hélicoptère inoffensif

Au printemps, les arbres sont parés de leurs plus jolies fleurs. Les insectes en profitent pour venir y chercher du nectar et du pollen. Parmi ces insectes, on rencontre les abeilles (y compris l’abeille domestique, celle qui fait du si bon miel), les bourdons, les syrphes (ces drôles de petits hélicoptères qui font des vols stationnaires) et un curieux insecte très gros, aux couleurs très sombres. Cet insecte, c’est l’abeille charpentière ou xylocope violet (Xylocopa violacea (L.)). L’as-tu déjà rencontré dans ton jardin ou dans les jardins publics ? C’est une abeille toute noire aux reflets violets. Elle fait beaucoup de bruit lorsqu’elle vole. Sa taille est impressionnante : elle mesure 3 cm de la tête à la fin de l’abdomen et peut atteindre 5 cm de large lorsqu’elle déploie ses ailes.

Comme de nombreuses abeilles, l’abeille charpentière se nourrit de pollen et de nectar. En revanche, elle se différencie des autres par son comportement. En effet, elle est tellement grosse qu’elle ne peut entrer que dans très peu de fleurs. Du coup, elle est obligée de creuser les corolles des fleurs pour manger le nectar. Elle laisse donc une trace de son passage dans les fleurs : un joli trou au travers duquel elle a déployé ses mandibules pour chaparder le nectar.

Voici un petit schéma pour t'expliquer ce qu'est une corolle © Eline Susset
Voici un petit schéma pour t’expliquer ce qu’est une corolle
© Eline Susset

Sa taille peut faire craindre qu’elle est méchante, mais il n’en est rien. C’est une abeille très gentille. Elle ne viendra pas t’embêter. Tu peux la regarder travailler, mais surtout ne cherche pas à l’attraper, car elle pourrait avoir une réaction inhabituelle et te piquer. Ce serait dommage !

L'abeille charpentière en train de voler du nectar dans une fleur de lavatère © Eline Susset
L’abeille charpentière en train de voler du nectar dans une fleur de lavatère
© Eline Susset

Elle doit son nom « charpentière » à son habitat. Contrairement à l’abeille qui fait le miel, elle ne vit pas dans une ruche mais dans des galeries qu’elle creuse dans le bois. Pas le bois de ta maison ou les arbres vivants, non, mais dans les morceaux de bois très vieux en train de se décomposer. Il est très important de lui laisser des abris pour qu’elle puisse venir s’y reposer et se protéger quand il ne fait pas très beau.

Et tu peux aussi protéger ses copines les abeilles solitaires en leur fabriquant un abri. Regarde notre article : http://honua.fr/atelier-fabrique-un-nichoir-a-osmies/ tu y découvriras comment fabriquer des abris pour les abeilles solitaires et plein d’autres insectes.

N’hésite pas à nous écrire si tu observes des abeilles charpentières près de chez toi ! A bientôt.

Actualités

Nos activités en 2015

Nous participerons cette année aux événements suivants :

Exposcience Midi-Pyrénées 2015 (du lundi 11 au mercredi 13 mai 2015 à Toulouse) : sur le thème de la lumière, nous animerons des ateliers sur la pollution lumineuse et son impact sur la faune sauvage.

Fête des CLAE (mercredi 3 juin 2015 à Auzeville-Tolosane) : nous proposerons des ateliers sur le thème de la pollinisation avec entre autres fabrication de fleurs en papier à ramener chez soi.

Nuit des Chercheurs 2015 (25 Septembre 2015 à Toulouse) :  venez participer au Speed-Searching animé par Honua ! En tête à tête avec un chercheur, vous avez 10 minutes pour lui poser toutes les questions que vous voulez.

A très bientôt !

Découverte de la nature

[Découverte] Les osmies, ces abeilles qui préfèrent vivre seules

J’ai beau avoir un faux air de bourdon, je suis bien une abeille : on m’appelle l’osmie. Ne suis-je pas adorable avec mon look de peluche ? Des osmies comme moi, il en existe plusieurs dizaines d’espèces en France, dont deux sont particulièrement communes, l’osmie rousse (Osmia rufa) et l’osmie cornue (Osmia cornuta) et c’est d’elles dont on parlera ici.

Je suis un peu la baba cool des abeilles : je ne pique pas, ou alors exclusivement si ma vie est menacée. D’ailleurs, mes mâles n’ont pas de dard du tout. Calme et peu farouche, je me laisse facilement admirer. Ça tombe bien puisque mon comportement, très différent de celui des abeilles que l’on élève pour le miel, est passionnant à observer !

Je suis en effet une abeille solitaire. Chez moi, pas de ruche, pas de reine ni d’ouvrières (c’est mon côté anarchiste). Je me débrouille toute seule avec ma progéniture, je récolte leur nourriture et je construis leur abri moi-même. C’est de cette dernière habitude que me vient mon surnom d’abeille maçonne. Dans une cavité (un trou dans un mur, une tige creuse…) je construis une petite loge en terre. A l’intérieur de cette loge, j’accumule du nectar et du pollen que j’ai récoltés sur les fleurs des alentours. Je ponds un œuf puis je referme la loge avec de la terre. Et je passe à la construction d’une deuxième loge, directement sur la première si j’ai encore la place.

Osmie et loge
Une osmie en train de fermer une loge avec de la terre. Licence Creative Commons, par Max Westby

Quand mes œufs éclosent, la larve qui en sort dévore la nourriture que je lui ai laissée (souvenez-vous, le nectar et le pollen), puis elle grandit, grossit et finit par se tisser un cocon de soie dans lequel elle va à son tour se transformer en osmie. Ces jeunes osmies resteront au chaud dans leur cocon jusqu’au printemps suivant où elles prendront à leur tour leur envol.

Mais j’ai un petit souci. En effet, mes abris naturels, les tas de bois, les trous dans les murs en pierre, bref, mes cachettes préférées, sont de plus en plus rares. Alors si vous m’installez un nichoir à ma mesure, sur votre balcon ou dans votre jardin, je serais la plus heureuse des osmies ! Rien de bien compliqué : un petit fagot de bambou fera parfaitement l’affaire (à condition que chaque tige soit fermée à une extrémité). Exposez-le au sud ou à l’est au printemps et vous ne devriez pas tarder à me voir apparaître. Je vous récompenserai en vous laissant observer la manière dont je construis l’abri de ma progéniture et, bien sûr, en pollinisant vos fleurs et vos arbres fruitiers.

Tu veux apprendre à fabriquer un nichoir pour les osmies ? C’est par ici !

Une question sur les osmies ? N’hésite pas, laisse-nous un commentaire en bas de cet article !

Crédits photographiques de l’image de titre : licence Creative Commons par Juergen Mangelsdorf